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Thread: Au sujet de la démission de Maurice Kamto (suite de la discussion)

  1. #1
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    Au sujet de la démission de Maurice Kamto (suite de la discussion)

    Je reviens ici sur le sujet passionnant de la démission de Kamto, que l’on a malheureusement « passionné », et je vais reprocher à mon frère Keko de se laisser emporter par la fureur de sa vindicte. Mais je le comprends : il est difficile de discuter calmement avec des gens qui ont les flèches empoisonnées de la subjectivité et de l’empirisme analytique en guise d’arguments. Mais je lui dis : Keko, cool down please ! Toi et moi, prenons exemple sur Bernardint, IdéeFixe et d’autres.

    IdeeFixe

    Je suis content que tu t’attaques à l’explicitation de cette pensée d’Um, proposée avec bonheur par Massaknowall qui, paradoxalement, oppose à « un enfant d’Um Nyobe » comme moi les propos de son « père ».

    Note : J’en vois déjà qui bourrent le canon de leurs sarcasmes avec des grenailles de tous calibres ! Et je m’arrête un peu pour préciser qu’il n’y a chez moi aucune prétention à dire que je suis l’enfant d’Um Nyobe. Tous ceux qui souhaitent et/ou œuvrent à la libération de notre pays et de l’Afrique sont les enfants de Um. Mais j’ose revendiquer de le connaitre - un tout petit peu mieux - que certains, parce que j’ai fait de lui et de ses congénères (ils sont des milliers sur tous les continents - Ho Chi Minh par exemple) ma tasse de thé quotidienne et même l’objet de mes cours de formation politique et sociologique. La logique voudrait quand même que celui qui vit de football, d’une manière ou d’une autre, connaisse un peu mieux ce sujet que celui qui se contente d’en discuter chez Kamdem.

    Je vais donc m’autoriser à vous montrer le lien entre ce que j’ai écrit tout au long de ce fil et la pensée de Um, qui soit dit en passant, est la pensée collective de cet intellectuel collectif qu’on nommait l’UPC.

    Encore une note en passant. Sans faire exprès certainement, le recueil de textes d’Achille Mbembe attribue unilatéralement la pensée de la lutte du peuple kamerunais à l’individu Um Nyobé (qui est sans conteste le Kamerunais le plus brillant - depuis son époque !) Ce faisant, Mbembe individualise une pensée d’essence et d’élaboration collectives, fondée sur la praxis héroïque d’un peuple tout entier, et se saisissant de cette praxis pour l’élever au niveau intellectuel et théorique. Cette maladresse chez Mbembe (il n’avait peut-être pas le moyen de mettre les textes de Um avec ceux d’autres dirigeants upécistes, comme l’a fait A. Sighoko Fossi dernièrement) est l’un des éléments qui a permit le hold-up de la figure nationale de Um Nyobe par un gang d’élites bassa sorties tout droit (à l’image d’un Kamto) du ventre puant du néocolonialisme, et cela sous la houlette de vermines telles que Kodock.

    Cette notion d’idées « d’essence collective » n’est pas aussi tirée par les cheveux qu’on pourrait le croire. Elle est d’ordre historique. Par exemple, quand je m’exprime ici sur CIN, vous pouvez être certains que la quasi-totalité des Kamerunais de la « gauche révolutionnaire » se reconnait dans ce que j’écris, à quelques nuances près. Pourquoi ? Parce que ces gens participent, comme l’humble moi, par la théorie et la pratique, à la perpétuation <b>collective</b> et à l’affinement - collectif - des idées collectives de la lutte du peuple kamerunais depuis les Duala Manga Bell, en fonction des développements nouveaux de l’Histoire. C’est exactement ce que dis une partie du bout de texte cité si heureusement par Massaknowall :

    "Dans le grand bouillonnement que cela provoque, nous décelons nos insuffisances et nos capacités. Nous puisons alors à la source des peuples qui nous ont précédés, et dans le passé de notre propre peuple, pour fixer notre propre ligne de conduite et ce, avec le concours et la succession des évènements."

    Par une entourloupe étrange, beaucoup de gens (y compris Mbembe) ont voulu nier à Um Nyobe sa gigantesque culture marxiste, fondée entre autres sur la saisie du développement de l’histoire humaine comme produit des luttes de classes. Ils font de Um Nyobe une espèce de dadais politique aimant tout son monde d’un amour délirant, y compris ceux que ses compagnons et lui-même (voir ses propres textes) nommaient précisément les « dikikons », et qu’ils condamnaient à mort et éliminaient (on n’a pas le choix quand on est en guerre) ! Um Nyobe, ce n’est pas un prophète d’une église quelconque dans le cadre de ce que j’ai désigné dans un article (en toute modestie) « l’upécisme mytho-culturel ». On peut dire de Um Nyobe que ce Frantz Fanon dit de Moumié quand il apprend sa mort : « La révolution prise dans 80 kilogrammes de chair ! » Um Nyobe est donc un authentique révolutionnaire, un gigantesque pédagogue dont la vision et ses analyses marxistes du monde se moulent dans le langage et les langues des masses populaires (il parlait utilisait plusieurs langues nationales pour parler aux Kamerunais, y compris le pidgin, le Bulu, le Bassa, etc., au contraire de Paul Biya !) C’est cette « pédagogie des opprimés » (cf. Paulo Freire) que des milliers d’intellectuels upécistes ont tenté d’imiter depuis. Pour parler un peu de moi (vace votre permission), j’y ai quelque peu renoncé, et je reconnais que mes propos continuent à contenir le gruau d’un marxisme mal digéré ! Comme l’on dit en pensant à des gens comme les Um Nyobe, le marxisme est comme un livre de cuisine. Ce qui importe à l’affamé, ce n’est pas le livre de cuisine, mais l’appétissant plat qu’il a servi à préparer.

    Au vu de ce que j’ai écrit ci-dessus, que pensait réellement Um Nyobe des ethnies ?

    Pour le comprendre, il faut commencer par faire une claire distinction entre les concepts d’« ethnicité » (ou de « tribalité ») et d’« ethnicisme » (ou de tribalisme). Le premier est l’ensemble des faits d’appartenance d’une personne à un groupe humain en fonction d’un certain nombre de critères : ancêtre mythologique commun, langue commune, histoire commune, territoire commun, etc., (un peu comme pour la « nation » et c’est pour cela que certains préfèrent parler de « nationalités » au lieu de « tribus »). La tribalité (ou ethnicité) est une notion factuelle, objective, neutre, sans aucune connotation négative ou positive.

    Le tribalisme par contre, c’est l’instrumentalisation de la tribalité à des fins qu’il serait long d’examiner ici, mais dont certaines vous sont évidentes.

    Les tribus (qui sont des données culturelles objectives) sont les briques à l’aide desquelles se construira une nouvelle culture kamerunaise.

    Or, ces données sont perverties par des Kamerunais, complètement acculturés et asservis à l’Occident et suppôts de ce dernier ! Ces étranges Kamerunais (ces « dikokons ») se servent de notre tribalité, non pas pour bâtir, mais pour leurs intérêts égoïstes, affaiblissant ainsi les pays face aux attaques de l’impérialisme. Et André-Marie Mbida à qui Um Nyobe s’adresse, est de ceux-là.

    Dans le Kamerun d’aujourd’hui, au sein duquel, comme je l’ai écrit déjà, les « élites » sont en lutte les unes contre les autres pour l’accès aux prébendes administratives, l’instrumentalisation de nos ethnies est l’arme fatale entre les mains de ces gens, avec pour crédo caché : « toutes les élites derrière Paul Biya, et chaque ethnie derrière ses élites. »

    Voilà le biotope de Kamto, et il ne peut y échapper par un simple discours universaliste et démagogique.

    Bonne journée à tous et désolé d’avoir été si long.

    Un petit ajout:

    Mon passage trop rapide, dans la contribution ci-dessus, de la notion de « tribalité » à celle de « tribalisme » fait l’impasse sur un développement que j’aurais dû faire. Ce développement fait une distinction claire entre ce qu’on peut appeler le « nationalisme tribal », c’est-à-dire l’amour pour son ethnie (et ça n’a rien de mauvais) et le « national-tribalisme » (pour copier sur le « national-socialisme » de qui vous savez.

    A voir bien, les élites kamerunaises, sous leurs vestes trois pièces et leurs « universalismes » de circonstance, ne sont-ils pas, du fait mêmes de leur intérêts de classes, des national-tribalistes ?

    Il y a dans la sociologie de la lutte un phénomène qu’on nomme le « suicide de classe. » Les Mongo Beti ont fait leur suicide de classe, ce qui veut dire qu’intellectuellement, idéologiquement et moralement, ils ont quitté leur classes d’origine pour épouser les intérêts des masses populaires et les faire leurs. Les Um, Nyobé, les Moumié, les Ouandié, etc., qui à leur époque étaient les « élites » indigènes de la société coloniale, ont procédé de même à une « suicide de classe. »

    Kamto me convaincra quand je l’aurais vu même seulement initier une telle procédure.

    Tout ce que j’ajoute ici, j’espère, permettra qu’on continue de discuter, sans rancœur, malgré nos divergences.
    Last edited by Ghonda; 02-08-2012 at 05:51.

  2. #2
    Ah, Ghonda,

    d'abord merci, pour avoir pris l'initiative de revenir sur ces lieux, le forum de CIN, qui contient déjà de très belles pages. En général, au début de CIN, existaient comme deux mondes. Je les découvris sous ces aspects distincts là, pour ma part. Il y avait le monde des commentaires d'articles, les réactions à l'actualité plus proche, et cela se passait en page d'accueil du site, en quelque sorte.

    L'autre monde était celui-ci, le forum. Cela demandait de cliquer sur "Forum" en arrivant sur le site. Un peu comme si dans un tourne-dos du mboa, on avait accès à un coin dérobé, un espace ouvert à tous, mais qu'il fallait avoir envie de fréquenter, parce que d'autres étaient d'un accès plus facile, plus proche.

    Les comportements étaient différents aussi. Un jour, en lisant les commentaires à propos d'un article, leur violence, ainsi que la superficialité générale de leurs contenus m'avaient frappé. Le forum n'était pas moins violent, en tout cas rubrique politique. Seulement, la possibilité de créer soi-même des sujets permettait aussi, et en plus, des échanges d'une qualité que je regrette encore.

    C'est que depuis, le forum a connu une drôle d'évolution. Ses animateurs durent prendre de l'âge. Ils ont dû aussi devenir plus impatients. Ils ont déserté le forum, comme un seul homme, au bout du compte. Les derniers temps de l'ancien forum étaient tristes. Un village éwondo à l'abandon. Elig, on dit aussi. Une personne, un peu singulière, traînait par toute rubrique ses annonces commerciales.

    Nous nous sommes retrouvés en page d'accueil de CIN. D'aucuns ont conservé intact leur pseudo : Kmt_bantu, Polo_Mix, Segou, Anonimah, Océane, Furax, parmi ceux que je prenais déjà plaisir à lire dans le forum. D'autres ont accompli le changement de pseudo. Mon cas. L'atmosphère là-bas est différente. Un volcan en activité de croisière. Un chaudron qui vous laisse bientôt à l'épuisement, tant l'énergie se partage, si on n'y prenait garde, entre éviter le coup bas, le coup de coude, les coups simplement, et chercher son souffle devant une argumentation de qualité exceptionnelle dénichée dans une marée de cris, d'invectives, d'insanités, de banalités, comme aiguille enfin dans une meule de foin.

    Merci enfin de me retirer à cette usure lente mais implacable des petites joutes sans profit qui finiraient par me tenir dans leurs crocs. J'ai pensé à une texte parlant du Prez, du grand Lester Young. Il est dit de lui dans une biographie, celle d'Alain Gerber, je crois, qu'il était autant fait pour la vie de caserne que l'anachorète...Enfin une image comme je les aime. Parce que jamais je ne m'en souviens littéralement. Le goût en revanche, dans la bouche, insistant et rebelle au temps. Une sensation surtout. Je suis content de revenir ici, même le temps de saluer CIN, et l'esprit qui accoucha de lui : JVNE.

  3. #3
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    10-26-2012
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    what about Maurice Kamto ? i think as all cameroonian who has love for the land of his mother; fahter; children who has suffer to rise us we should help them in their fight to move paul biya in his position as that threater of the cameroon our nation and our only ancestor land.

  4. #4
    merci pour ces précision

  5. #5

    lol!

    Quote Originally Posted by b2love View Post
    merci pour ces précision
    En tout cas...je n'ai moi rien dit

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