Afrique - Elections en Angola: João Lourenço succède à Dos Santos à la présidence de la République après la victoire du MPLA

Par Frédéric NONOS | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 26-Aug-2017 - 01h31   6291                      
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Joao Lourenco, president elu de l'Angola Getty
Avec plus de 64% des suffrages, le parti au pouvoir remporte les élections législatives et met terme à 38 ans de pouvoir de Dos Santos après son retrait.

Sans surprise, le Mouvement populaire pour la liberation de l’Angola (MPLA), parti au pouvoir depuis près de quatre decennies, a remporté les elections de mercredi dernier en Angola. Selon les résultats officiels de la Commission nationale électorale, le MPLA a recueilli 64,57% des voix, loin devant Unita qui en obtient 24,04%, Casa-Ce (8,56%), PRS (1,37%), FNLA (0,95%) et APN (0,52%). Dans cette démocratie parlementaire où seul le parti vainqueur des legislatives élit le president de la République, le MPLA n’avait rien à craindre, tant il a monopolisé la sphère politique.

Même si l’Union nationale pour l’independance totale de l’Angola (Unita), ex-rebellion armée reconvertie en parti politique et le reste de l’opposition conteste les resultats de ce scrutin, il y a peu de chance que leurs requêtes soient entendues. Le changement majeur est sans aucun doute au niveau de la tête de l’Etat, où Joao Lourenço, ministre de la defense du president Edouardo Dos Santos lui succède après 38 ans de règne sans partage. Ce dernier âgé de 72 ans l’ayant choisi comme dauphin en fevrier dernier après son renoncement, dit-on, pour des raisons de santé. Reste que le futur president de l’Angola est un fidèle du desormais ex-president Dos Santos.

Né en 1954 à Lobito dans l'ouest du pays, Joao Lourenço est selon les médias locaux, le compagnon de longue date de José Eduardo dos Santos. Comme lui, étudiant en ex-URSS, il baigne dans les idéaux marxistes-léninistes. C'est d'abord sur le terrain militaire qu'il s'engage, en 1974, en combattant pour l'indépendance de l’Angola. Dix ans plus tard, sa carrière prend un tour plus politique. Le général devient gouverneur et commence son ascension au sein du MPLA. Il est successivement chef de section politique de l'ex-branche armée du parti, président de groupe au sein du Parlement et vice-président de l'Assemblée.

S'il a promis gouverner autrement que son predecesseur, en misant sur une reprise économique en luttant contre la corruption, sa marge de manœuvre reste limitée par des cours de pétrole dont l’Angola est le 2ème producteur en Afrique, et qui representent plus de 80% de ses devises. L’ombre d’Edouardo Dos Santos risque aussi de planer tant il est vrai qu’il tient encore les rênes du parti. Mais le nouveau president a repondu qu’« il n'y aura pas deux présidents de la République ». Preuve qu’il entend imprimer sa marque dans un paysqui a peu connu jusqu’ici l’alternance. En dépit de ses enormes ressouces naturelles (5ème producteur mondial de diamant), la majeure partie de la population vit sous le seuil de la pauvrété.

 

Auteur:
Frédéric NONOS
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