Afrique - Guinée Équatoriale: Le procès de Teodorin Obiang pour des «biens mal acquis» s’ouvre en France

Par Otric NGON | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 02-Jan-2017 - 06h37   6458                      
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Teodorin Obiang Nguema AFP
Le fils du Président équato-guinéen est poursuivi devant le tribunal correctionnel de Paris pour blanchiment d'abus de biens sociaux, de détournement de fonds publics, d'abus de confiance et de corruption.

Le procès de Teodorin Obiang, dont les dates ont été fixées fin octobre 2016, doit s'ouvrir à 13H30 ce lundi et durer jusqu'au 12 janvier 2017. Selon l'un des avocats du prévenu, Emmanuel Marsigny, qui s’est confié à l’AFP, les délais sont «beaucoup trop courts» et ne sont pas conformes à la loi, compte tenu du fait que son client a déclaré son adresse à Malabo.

Les avocats de Teodorin Obiang, qui devait être absent lundi, demandent «qu'il puisse bénéficier du temps raisonnable pour pouvoir organiser effectivement sa défense», a déclaré Me Marsigny, qui envisage de faire citer plusieurs témoins, dont certains résidents à l'étranger.

L'enquête, ouverte après des plaintes des associations Sherpa et Transparency International, a mis au jour le patrimoine considérable de Teodorin Obiang, 47 ans: immeuble avenue Foch, dans l'un des quartiers les plus huppés de Paris, estimé à 107 millions d'euros, voitures de luxe et de sport (Porsche, Ferrari, Bentley, Bugatti).

Selon ces associations, ses dépenses somptuaires en France étaient très éloignées du quotidien de son petit pays pétrolier d'Afrique centrale, dont plus de la moitié des habitants vivent sous le seuil de pauvreté.

Le fils du président équato-guinéen, quant à lui, a toujours dit qu'il a gagné légalement son argent dans son pays, il est «innocent des faits qu'on lui reproche». Le prévenu a multiplié les voies de recours. Mis en examen en 2014, il a essayé en vain de faire annuler les poursuites à son encontre, invoquant son statut à l'époque de deuxième vice-président de Guinée équatoriale qui octroyait à ses yeux une immunité.

C'est le premier procès en France dans l'affaire des «biens mal acquis». La justice française enquête également sur les patrimoines bâtis en France par les familles de plusieurs autres dirigeants africains, celle de Denis Sassou Nguesso (Congo), du défunt Omar Bongo (Gabon) ou encore du Président centrafricain déchu François Bozizé.

Auteur:
Otric NGON
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