Afrique - Natalité: Les États de l’Afrique de l’Ouest veulent limiter à trois le nombre d’enfants par femme d'ici 2030

Par Otric NGON | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 23-Jul-2017 - 13h36   5006                      
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Des enfants nigériens dans une école coranique à Bosso, le 25 mai 2015 AFP
Les parlementaires de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO, 15 pays), de la Mauritanie et du Tchad ont affirmé samedi vouloir limiter à trois le nombre d'enfants par femme afin de faire baisser de moitié, d'ici 2030, le taux de fécondité le plus élevé au monde.

«Les parlementaires de la CEDEAO, de la Mauritanie et du Tchad ont convenu que, d’ici 2030, les parlements devaient inciter les gouvernements à mettre en place des politiques tendant à faire en sorte que chaque femme (...) ait au plus trois enfants pour maîtriser le boom démographique», a déclaré le président du Parlement burkinabé, Salifou Diallo, lors d’une rencontre régionale sur la démographie samedi à Ouagadougou.

Selon l’Agence France Presse qui qui cite un rapport de l’ONU, avec un taux de fécondité général de 5,6 enfants par femme, le plus élevé au monde, la population de l'espace CEDEAO se situera, en 2050, autour d’un milliard d'habitants, dont la moitié sera constituée de jeunes.

«Nous estimons que quand on a des taux de croissance économique des pays qui est de l’ordre de 5 à 6% avec un taux de fécondité située à 6 ou 7%, nous sommes dans une situation de démographie non maîtrisée et nous ne pouvons pas espérer de développement avec une telle situation», a martelé M. Diallo.

Selon lui, «il est urgent de contenir la poussée démographique dans l’espace CEDEAO pour promouvoir un réel développement viable et durable».

Les parlementaires devraient, dans leurs États respectifs, adopter des stratégies afin de «faciliter un déclin rapide, volontaire, de la fécondité grâce à l’accès universel à la planification familiale, l'augmentation du niveau d’éducation des femmes et le renforcement des efforts pour améliorer la survie de l’enfant», a ajouté M. Diallo.

De son côté, apprend-on, le président du Parlement du Bénin, Adrien Houngbédji, a estimé que «c'est à (nous) qu’il appartient de définir l’équilibre optimal qu’il est indispensable de trouver entre la régulation des naissances et l’amélioration de la qualité de vie de la population active».

Il s'agira de faire «baisser de moitié» le taux de fécondité et d' «arrimer le taux de croissance démographique, trop fort, avec le taux de croissance économique trop modéré», a déclaré le président de la commission de la CEDEAO, Marcel De Souza.

«La jeunesse représente les deux tiers de la population. Cette jeunesse, lorsqu’elle ne trouve pas de solutions, devient une bombe: elle traverse le désert ou la Méditerranée, meurt par milliers pour l'immigration clandestine», a-t-il ajouté.

Auteur:
Otric NGON
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