Alain Olivier Noël Mekulu Mvondo : Un inspecteur d’Etat à la Cnps

Par Christophe Bobiokono | Mutations
- 08-Apr-2008 - 08h30   66238                      
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Le nouveau Dg de la Cnps a une expérience et un parcours singuliers.
Le président de la République a mis fin hier, 7 avril 2008, au cumul de fonctions dont était l’objet Louis Paul Motazé depuis sa nomination le 7 septembre 2007 comme ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire. Par décret présidentiel rendu public par la Crtv, Alain Olivier Noël Mekulu Mvondo, jusque-là Chargé de mission à la Division des Affaires économiques à la Présidence de la République, prend la succession de M. Motazé à la Direction générale de la Caisse nationale de Prévoyance sociale (Cnps). Cette nomination qui n’a été précédée par aucune rumeur, a pris le contre-pied de tous les pronostics qui se faisaient ici et là depuis quelques mois. Elle consacre la promotion d’un fonctionnaire à l’expérience singulière. Le nouveau Dg de la Cnps, âgé de 49 ans aujourd’hui, est en effet un produit de l’Ecole nationale d’administration et de magistrature. Inspecteur principal des Régies financières (Trésor), il débute sa carrière administrative au Contrôle supérieur de l’Etat en 1985, où il deviendra très rapidement Inspecteur d’Etat. En 1996, l’institution est placée sous la responsabilité d’un ministre délégué. Battant en brèche le principe qui veut jusque-là que la coordination technique de ce corps d’élite soit toujours attribuée à l’Inspecteur d’Etat le plus ancien à ce grade, le président de la République va nommer Alain Olivier Noël Mekulu Mvondo comme Coordonateur général du Contrôle supérieur de l’Etat en septembre 1997, l’équivalent du secrétaire général dans les autres ministères. Cette ascension ne fait pas que des heureux parmi les anciens. Surtout que le jeune promu, alors âgé de 37 ans, a la réputation d’être à la fois dynamique, pointilleux et rigoureux. Après deux ans à ce poste, essentiellement consacrés à la Réforme de l’institution, la carrière de Mekulu Mvondo prend une tournure inattendue. Un nouveau ministre est nommé au Contrôle supérieur de l’Etat le 7 décembre 1998. A peine installée, Mme Gwanmesia va accuser son plus proche collaborateur d’avoir brûlé des rapports d’inspection mettant en cause certains gestionnaires. C’est l’époque où de vrais-faux scandales de l’ex-Onpc de Tchouta Moussa alimentent les colonnes de la presse. Le jeune inspecteur d’Etat, qu’on accuse à mots couverts d’être le protecteur des pourris, séjournera six mois durant à la prison centrale de Kondengui, en détention préventive, jusqu’au verdict du procès qui l’acquitte "pour faits non établis". Entregent Totalement blanchi à sa sortie de prison, Alain Olivier Noël Mekulu Mvondo retrouve son poste. Mais, en mauvaise perdante, Mme Gwanmesia va se fermer à toute collaboration (c’est un euphémisme !) et le réduire à l’inactivité. Il quittera le Contrôle supérieur de l’Etat pour Hévéa du Cameroun (Hévécam), société privatisée dans laquelle l’Etat reste actionnaire, où il occupe les fonctions de Directeur général adjoint chargé de la gestion des Ressources humaines. C’est de Nyété qu’il retrouvera l’administration, à la Présidence de la République en 2005. Son passage en entreprise et son expérience d’ancien Inspecteur d’Etat le conduisent à la Division des Affaires économiques où il est Chargé de mission. Parallèlement à ses activités professionnelles, Mekulu Mvondo est très dynamique dans la vie associative. Il est le Secrétaire général de la Fondation Martin Paul Samba à l’époque où Pierre Désiré Engo, l’un de ses prédécesseurs à la Cnps, en était le président. Il sera l’un des membres fondateurs d’une Ong dénommée Justice et Paix, un militantisme pour la cause de l’humanisme déclenché à l’occasion de son séjour à la prison de Kondengui. L’homme jouit d’un extraordinaire entregent et d’une personnalité particulière qui lui permettent d’être proche à la fois de Pierre Désiré Engo, d’Edouard Akame Mfoumou et de Joseph Owona, à une époque où ces trois barons de la province du Sud masquaient peu leurs rivalités. C’est un amateur de football qui aura organisé de nombreux tournois internationaux de jeunes à Nyété. Ce parcours et cette personnalité devraient lui être d’un secours particulier à l’avenir. Car, la Cnps que dirigera désormais cet ancien d’église de l’Eglise presbytérienne camerounaise est un mastodonte. Doté d’un effectif qu’on dit pléthorique, cette société d’Etat a pour gros défi de trouver la parade face à une masse sans cesse croissante des pensions vieillesses et des allocations familiales. Une entreprise dont la gestion du patrimoine (immobilier ou non) a souvent été au centre de nombreux appétits. Et de quelques déconvenues.
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