Boxe : Issa Hamza, toujours champion du monde Wbf

Par | Mutations
- 17-Dec-2007 - 08h30   52615                      
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A l'unanimité des trois juges, le Camerounais a conservé son titre en battant aux points l'Uruguayen Francisco Diaz (118 -111).
Tout le public présent vendredi soir au stade Ahmadou Ahidjo n'attendait que cela, voir Issa Hamza conservé son titre de champion du monde des welters (Wbf). A l'annonce du résultat final (118-111) en faveur du Camerounais, c'est une explosion de joie qui est monté des gradins où était rassemblé un maigre public. Face à Ruben Francisco Silva Diaz, la victoire fut longue à se dessiner. Dès l'entame du combat, Issa Hamza a attaqué, mais la réplique de son challenger, laissait présager d'un combat disputé. Face à la fougue du Camerounais, poussé par des spectateurs entièrement acquis à sa cause, l'Uruguayen cognait peu mais bien. Issa Hamza, compte tenu de l'adversité, a du puiser dans ses ressources physiques et mentales pour prendre le dessus. Son adversaire encaissait alors de nombreux coups sans broncher. Au troisième round, un enchaînement de coup de points de Issa Hamza fait vaciller Ruben Francisco Silva Diaz. Le public crie : "tue le, tue le,…". Céline, la fiancée de Issa, mêle sa voix au chœur. L'Uruguayen s'effondre et plante les genoux au sol. Le public croit au K.O. Mais le décompte n'ira pas à son terme, Ruben Francisco Silva Diaz s'étant relevé, les bras en l'air, pour signifier aux juges sa fraîcheur physique. A partir du huitième round, Thierry Jacob, constate que son poulain pourra difficilement remporter le combat avant son terme. "Dès cet instant, j'ai su que le dénouement se ferait aux points. J'ai changé de style à la demande de mon entraîneur. Je me suis mis à boxer à distance, notamment en bougeant beaucoup plus, faisant ainsi prévaloir mon agilité et ma vitesse. Ne pouvant plus me toucher, mon adversaire était un peu perdu, puisqu'il aime le corps à corps et compte sur ses qualités de résistance", explique Issa Hamza à la fin du combat. Quant à Ruben Franscico Silva Diaz, répondant aux questions d'un reporter de langue espagnole de Rfi, il conteste le verdict des juges : "je sais que j'ai remporté ce combat aux points. Ceci, bien que je sois obligé de m'incliner par rapport à la décision prises par les juges. Issa Hamza est un bon boxeur. Mais, il m'a très peu impressionné. Il sera difficile pour lui de se maintenir à ce niveau. De gagner d'autres victoires …". Interrogé sur la suite de sa carrière, Issa Hamza s'est voulu aussi précis que sur un ring: " je vais prendre du temps pour me reposer en famille. Pendant deux mois, l'essentiel de mon travaille consistera à l'entretien de la forme physique. Entre temps, mon entraîneur et mon manager travailleront sur l'optique de l'unification des titres. Pour continuer à étoffer mon palmarès, je dois boxer contre l'Américain, Floyd Mayweather Jr, le champion du monde de ma catégorie en Wbc et Ibf”. Le plus dur commence donc pour Issa Hamza. Emile Zola Ndé Tchoussi

Ambiance : Le public aux abonnés absents

Le 1er championnat du monde de boxe disputé en terre camerounaise n'a pas été très couru. Vue de l'extérieur vendredi 14 décembre 2007 dès 18 heures, le stade omnisports Ahmadou Ahidjo était tout illuminé. Aux guichets, ce n'est pas la grande bousculade. Près de 100 spectateurs seulement assistent aux cinq combats préliminaires ; à savoir trois pour les amateurs et deux professionnels. Sur le ring, on pouvait voir des groupes de danses et, surtout, les majorettes de l'université de Yaoundé I, qui ont gratifiées le public de très beaux pas de danse. Les prix d'entrée allaient de 500 Fcfa pour les virages, à 3.000 Fcfa pour la sous tribune. Les places prisées autour du ring quant à elles revenaient à 25.000 Fcfa. Les journalistes n'ayant pas d'accréditation étaient tout simplement interdits d'accès au stade. C'est sur la piste d'athlétisme qu'a été disposé le ring de boxe, plus précisément à l'entrée de la tribune présidentielle. Le public commence à affluer quelque peu à l'entame du deuxième combat professionnel qui opposait Sei Rime à Wafo. Mais on ne dénombre pas toujours plus de 200 spectateurs. Dehors des réclamations fusent. "Laissez nous entrer, on a même pas les 500 Fcfa que vous nous demander", "On veux juste supporter notre compatriote et vous nous en empêcher"..., laissent entendre des jeunes gens disposés à faire foule sans débourser un kopeck. "Incantations" Ce n'est qu'à 20h, lorsque la vedette de la soirée, Issa Hamza, fait son entrée dans le parking du stade, qu'on décide de faire entrer le public massé à l'extérieur. On reconnaît des membres du "Fan club Issa Hamza", identifiables à leur tee-shirts blancs à l'effigie de Issa Hamza et scandant des messages d'encouragements. Quelques minutes avant le début du "grand" combat, le groupe Akalou, venu du Nord Cameroun, exécutera de fabuleux pas de danse, qui vont soulever des salves d'applaudissement et les danseuses seront encouragées avec des billets de banque. Apres elles, les majorettes et les gymnastes de l'Institut National de la Jeunesse et des sports (Injs) viendront faire des figures sur le ring. Lorsque l'heure du combat sonne et que Issa Hamza et Ruben Francisco Silva Diaz font leur entrée précédés par l'arbitre du match, le public n'a pas su se contenir et a laissé exploser sa joie. Le seul hic venait des chansons proposées par la fanfare de l'Injs. Celles-ci renvoyaient aux cantiques religieux. Et bien plus encore, à une veillée mortuaire. Le speaker n'était pas en reste : pour galvaniser le public, Pierre Matongo, le secrétaire général de la Fédération camerounaise de boxe, entonnait des "incantations" dont le but était de réveiller le public. Carole Embolo
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