Cameroun - Affaire Caristan Isseri - Ernest Obama (Vision 4): «Je ne peux pas faire confiance au journal Le Jour (..). Ils ont passé le temps à mentir sur la personne d’Eto’o»

Par Pierre Arnaud NTCHAPDA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 14-Mar-2018 - 19h18   17645                      
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Ernest Obama (Vision 4 TV) CIN Screen Capture
Le directeur général de Vision 4 traite le souffre-douleur des gardes de l’ancien ministre Edgar Alain Mebe Ngo’o d’espion.

Il ne faudra pas compter sur Ernest Obama pour soutenir son jeune confrère Caristan Isseri. Le journaliste et directeur général de la télévision Vision 4 a contesté mardi 13 mars 2018 sur cette antenne la version du journal Le Jour et de son journaliste revenu tourmenté et meurtri d’un reportage chez l’ancien ministre des transports Edgar Alain Mebe Ngo’o. Réagissant dans un premier temps aux propos d’un collègue qui citait le témoignage de Caristan Isseri, déclarant qu’on l’a aspergé d’eau, il s’en est  pris au journal d’Haman Mana et à son équipe : «  Je ne peux pas faire confiance au  journal Le Jour. C’est-à-dire que si un gars du Jour me dit quelque chose je ne peux pas lui faire confiance ». Nullement décontenancé, Mathieu Ekong (c’est le nom de ce journaliste de Vision 4) est revenu à la charge et fait remarquer  qu’en regardant la vidéo fournie par les gardes il s’est rendu compte  « qu’il y a de l’eau qui dégouline de la tête du gars » avant de conclure qu’il y a une  part de vérité dans ce qu’il a dit.

Reprenant  la parole dans cette édition de Tour d’horizon très  animée  Ernest Obama  a déclaré qu’il  a écrit un livre dont « quasiment 30% » était consacré au journal Le Jour mais affirme qu’ « il n’y a même pas eu un démenti »  sur tout ce qu’il a dit. « Ils ont passé le temps à mentir sur la personne d’Eto’o. Et il n’y a eu aucun démenti », a-t-il ajouté avant de poursuivre : « quand on est rédacteur en chef ou directeur de publication je ne sais pas trop d’un journal sérieux, on ne prend pas un reporter sportif qu’on envoie chez un ministre qui vient d’être viré du gouvernement. C’est comme si on prenait je ne sais pas trop un enfant qui a deux mois à l’Ecole de Police on l’envie à Batibo ou à Kousséri pendant que Boko Haram est en train de frapper. Il y a déjà un problème à ce niveau-là. Deuxièmement quand on arrive sur le terrain, la première chose c’est qu’on se présente. Quand il y a un événement qui est organisé par une structure on vous accorde des accréditations. Un reporter normal ne va pas au Conseil d’administration de Camwater ou de Camtel sans avoir reçu soit une invitation soit une accréditation. Si vous apprenez qu’il y a eu incendie au domicile de Mathieu Ekong, quand vous arrivez sur place vous devez vous présenter en tant que journaliste. Est-ce que le gars l’a fait ? Vous pensez vraiment que si le gars l’a fait, si on ne voulait pas le recevoir, on allait le refouler ! »

Ernest Obama croit que Caristan Isseri n’a jamais agi comme le recommandent les usages en pareille circonstance. « Je convoque toujours la mesure de la vraisemblance.  Si quelqu’un arrive chez vous et dit : « je veux faire un papier sur l’ambiance chez  Mebe Ngo’o qui a été viré du gouvernement. C’est là que ça se passe.  Si on n’est pas d’accord on ne le laisse pas entrer. Si on est d’accord on le laisse entrer.  Pourquoi  violenterait-on quelqu’un qui s’est  présenté au départ et qu’on a laissé entrer ? C’est ce qui démonte la thèse de ce que ce gars raconte. Ce n’est pas vrai ! », tente de convaincre l’ancien journaliste d’Ariane télévision.  

Obama qui croit savoir que « le bonhomme est d’abord venu le matin » décrie la façon dont Le Jour s’est organisé pour couvrir les suites du remaniement du 2 mars 2018. Il s’élève contre le choix du journal de se focaliser sur les réactions chez les ministres déchus.  « De quelle ambiance parle-t-on ? Le remaniement ministériel est intervenu le vendredi soir à 20 heures. Toute rédaction sérieuse déploie ses éléments le même jour. Vision 4 était partout ce même soir-là. Partout ! Du moins là où ça nous intéressait en fonction de notre ligne éditoriale. Monsieur n’était pas là-bas le soir. Il est parti le matin. Il s’est mis à se renseigner chez les gens, il est entré, selon ce qui est rapporté sur la toile, comme un gars du quartier », lâche-t-il avant de conclure  que Caristan Isseri a agi en espion et a été traité comme tel.  

Auteur:
Pierre Arnaud NTCHAPDA
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