Cameroun - Affaire de la vidéo choquante: Issa Tchiroma parle de manipulation, une ONG exige des sanctions

Par Fred BIHINA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 12-Jul-2018 - 20h39   4007                      
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Issa Tchiroma CIN Screen Capture
Pour le porte-parole du gouvernement, la vidéo montrant des hommes en tenue militaire exécuter sommairement des femmes et des enfants, est un montage visant à manipuler l’opinion. Faux rétorque l’ONG REDHAC qui exige des sanctions exemplaires pour les auteurs.

L’affaire continue de faire des gorges chaudes. Une vidéo d’environ trois minutes largement partagée sur les réseaux sociaux, montre deux hommes habillés en uniforme de l’armée camerounaise, exécuter sommairement deux femmes et des petits enfants. Les images choquantes ont provoqué la réaction du gouvernement.

Dans le point de presse qu’il a donné à ce sujet le  11 juillet 2018 à Yaoundé, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement a parlé de manipulation. « Il s’agit d’une autre manœuvre de désinformation grossière dont les faits projetés n’ont aucun rapport avec l’action menée par les forces de défense et de sécurité dans le cadre des missions qui leur sont confiées », a déclaré Issa Tchiroma.

Le MINCOM affirme que les enquêtes ont révélé qu’il s’agit de « conspiration manifeste » et d’une « malheureuse tentative de transfiguration de la réalité et d’intoxication du public ».

Cette sortie du porte-parole du gouvernement est prise à contrepied par le Réseau des Défenseurs des Droits de l’Homme en Afrique Centrale (REDHAC) qui soutient qu’il s’agit bien de militaires camerounais. Sur les antennes de RFI, sa directrice exécutive, Maximilienne Ngo Mbe réclame des sanctions.

« C’est inacceptable dans un Etat de droit. Les enfants de 2 et 5 ans environ qui subissent au grand jour des actes de torture, des femmes qui subissent des actes de tortures et qui sont après assassinés par 17 coups de balle sur le crâne, même si on est en guerre contre Boko Haram…mais ça ne peut pas donner à ce que les forces de sécurité deviennent des bourreaux. Il est urgent que les autorités du Cameroun prennent des mesures adéquates. Que ces éléments soient arrêtés à l’immédiat et qu’ils payent conformément à la loi », tempête-elle.

Fred BIHINA

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Fred BIHINA
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