Cameroun - Affaire Djomo Pokam: La justice acquitte cinq hommes détenus pendant 13 ans. Les assassins restent introuvables

Par Fred BIHINA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 24-Apr-2019 - 05h57   4122                      
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Narcisse Olivier Djomo Pokam, 13 ans après, les assassins courent toujours archives
Condamnés en 2010 par le Tribunal de Grande Instance du Mfoundi à des peines allant de 15 à 20 ans de réclusion, cinq employés de l’hôtel Hilton de Yaoundé viennent d’être acquittés par la Cour d’Appel du Centre dans l’affaire relative à l’assassinat en 2006, de l’étudiant Narcisse Olivier Djomo Pokam.

Accusés d’assassinat, ils ont passé 13 longues années derrière les barreaux. La justice vient de prononcer leur acquittement. Un rebondissement inattendu dans l’affaire relative à l’assassinat de Narcisse Olivier Djomo Pokam. Ce jeune étudiant avait été tué, puis défenestré du 8è étage de l’hôtel Hilton de Yaoundé le 21 août 2006.

Suite à ce meurtre qui avait fait grand bruit à l’époque, cinq hommes, tous employés de l’hôtel Hilton, seront envoyés en prison. Il s’agit de Taboue Fotso, bagagiste; Pokoupong Félix, chef de la sécurité; Siméon Onambélé Atangana, agent d’entretien; Michel Ngui et Célestin Tchuenkam, plombiers. En avril 2010, le Tribunal de Grande Instance (TGI) du Mfoundi prononce des peines lourdes contre ces personnes. Taboue Fotso écope de 20 de réclusion ferme. Les autres accusés sont condamnés chacun, à 15 ans d’emprisonnement.

Dans son numéro du 23 avril 2019, l’hebdomadaire Kalara rapporte que les cinq hommes viennent d’être acquittés en appel. Le 16 avril dernier, la Cour d’Appel du Centre a prononcé leur acquittement au «bénéfice du doute». C’est que, la justice n’a vraiment jamais réussi à établir leurs responsabilités dans le meurtre de Djomo Pokam; surtout que les cinq hommes ont toujours clamé leur innocence.

C’est ce qu’ils ont réitéré le 2 avril dernier lors de leurs différents témoignages devant la barre. Le cas de Taboue Fotso. Ce bagagiste avait été condamné pour s’être absenté de son poste de travail pendant une minute, le jour du meurtre et pour avoir tenté d’immigrer à Chypres. Ce dernier a expliqué avoir vu le défunt ce fameux 21 août 2006, autour de 11 heures. Djomo Pokam s’était dirigé vers la réceptionniste, laquelle lui avait indiqué la direction de l’ascenseur. M. Taboue Fotso affirme n’avoir jamais rencontré la victime avant ce jour. A propos de sa tentative d’immigration, il explique qu’il était en correspondance avec une université à Chypres, laquelle avait confirmé son inscription.

«On vous demande de confirmer le jugement sans vous dire qui a tué ?», a lancé Me Mambock, avocat de M. Taboue. Comme le relève Kalara, cette affaire reste entourée de beaucoup de zones d’ombre. Par exemple, l’expert judiciaire commis pour la cause, avait, après étude des vidéos de l’hôtel, signaler que deux inconnus avaient quitté l’établissement, d’un pas alerte, peu après le drame. Ces derniers étaient arrivés deux minutes avant Djomo Pokam.

L’expert judiciaire avait suggéré de lancer un appel à témoin pour les retrouver. Mais, cette piste n’a jamais été explorée par la justice. Conséquence, au bout de 13 ans de procédure, les assassins courent toujours.

Fred BIHINA

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Fred BIHINA
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