Cameroun - Affaire du cours d’éducation sexuelle en 5ème: Le Conseil national d’agrément des manuels scolaires et des matériels didactiques envisage le retrait du module à problème

Par Pierre Arnaud NTCHAPDA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 09-Sep-2018 - 13h13   9529                      
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Pr Marcelin Vounda Etoa Capture d'ecran
Le professeur Marcelin Vounda Etoa, son secrétaire permanent, a expliqué les choix de l’instance qu’il dirige au cours du journal télévisé de la CRTV samedi soir.

L’instance qui sélectionne  les livres à proposer aux élèves au Cameroun a réagi à la polémique suscitée par la découverte de cours d’éducation sexuelle jugée trop osé par une partie du public. Le secrétaire permanent du conseil national d’agrément des manuels scolaires et des matériels didactiques s’est exprimé sur l’antenne de la CRTV-Télé le samedi 8 septembre 2018. Le professeur Marcelin Vounda Etoa a tout d’abord  précisé  que le décret du 17 novembre 2017 qui a réduit le nombre de manuels n’inscrit pas de nouveaux livres et n’inscrit pas une modification du contenu des livres existants.  « Il convient de rappeler que par le passé, c’est-à-dire depuis la réforme des programmes du secondaire de 2014, le livre incriminé aujourd’hui et 5 autres livres étaient bien inscrits sur les listes officielles », a-t-il indiqué.   

Il a ensuite expliqué qu’il  y en avait d’autres qui contenaient  un module sur la santé de reproduction.   Précisément des leçons sur les pratiques sexuelles néfastes et les comportements sexuels déviants. Marcelin Vounda Etoa a fait savoir que  la décision d’inscrire ce livre au programme n’est pas un choix délibéré. « L’Excellence en sciences est apparu comme le meilleur des 6 livres de sciences pour la classe de 5ème qui ont été  proposés », a-t-il soutenu. Un choix motivé par une volonté de prémunir les jeunes contre les déviances sexuelles et souligner leurs conséquences.   « Le problème c’est, faut-il oui ou non, instruire les enfants sur les interdits quitte à susciter leur curiosité ou préserver leur innocence jusqu’à ce que, éventuellement ils aillent en face de ces réalités qui peuvent être destructives pour eux. Le projet pédagogique était un projet qui visait à préparer les enfants à affronter un certain nombre de réalités. A les préparer à faire face à un certain nombre de choses qui touchent à leur environnement et auquel ils ne peuvent faire face que s’ils savent premièrement que c’est néfaste, deuxièmement que c’est interdit par la loi ».

Pour c qui est de la suite à réserver à ce problème, le secrétaire permanent  Conseil national d’agrément des manuels scolaires et des matériels didactiques envisage de retirer le module ainsi que d’autres actions. « Ce cours est inscrit dans un module de formation de la classe de 5ème. Donc on enlèverait le livre incriminé aujourd’hui, on prendrait un autre qui a été proposé pour la même classe, le problème demeurerait. Donc techniquement ce qu’il y aurait lieu de faire ce serait de suspendre le module dans le programme d’enseignement  et de le sortir conséquemment du manuel incriminé.  Pour qu’il ne soit plus matière à enseignement pour les enfants de classe de cinquième dont un certain nombre d’acteurs sociaux disent qu’ils sont immatures pour recevoir cette leçon-là. La question serait donc renvoyée au ministère des enseignements secondaires et débattue de façon inclusive pour savoir si on maintient cet enseignement dans une autre classe ou si on le sort entièrement du système éducatif pour le cycle secondaire », spécule Vounda Etoa.

Auteur:
Pierre Arnaud NTCHAPDA
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