Cameroun – Agriculture : Gabriel Mbairobe (Ministre de l’agriculture et du développement rural (Minader) : « Nous pensons aussi à la réorganisation des coopératives »

Par Marie Louise SIMO | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 17-Mar-2019 - 19h44   1042                      
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En fin de séjour dans la région de l’Ouest, le Ministre de l’Agriculture et du Développement rural (Minader) a lancé ce vendredi 15 mars 2019, à Bangangté dans le département Ndé, la campagne agricole 2019 qui s’appuie sur l’agriculture de seconde génération. Dans cet entretien accordé à la Crtv radio, le Minader parle la politique de développement de l’agriculture camerounaise.

Vous êtes en immersion dans le grand bassin de production de la  région de l’Ouest. Le terrain est-il fertile pour une agriculture de seconde génération ?

Je suis un ministre de l’agriculture satisfait et fier.  En parcourant les grands bassins de production  de la région de l’Ouest Cameroun, j’ai pu découvrir la richesse des terres, du  climat sahélo-guinéen de l’Afrique de l’Ouest,  qui permet  de développer plusieurs  cultures. Entres autres, café, cacao, maïs, tomate, riz, haricot. Je mesure   les potentialités de ce Cameroun qui deviendra résolument le grenier non seulement de l’Afrique-Centrale, mais de l’Afrique toute entière.  

Que prévoit le gouvernement comme appui aux entrepreneurs agricoles de l’arrière-pays ?

Le gouvernement  a prévu plusieurs projets d’accompagnement en matière  d’aménagement de bas-fond. C’est le cas des bas-fonds du Noun, où nous avons pu enregistrer plusieurs organisations  paysannes qui se sont arrimées au droit OHADA,  qui ont aujourd’hui un conseil d’administration et des unités de gestion. En matière aussi d’accompagnement en petit matériel, tels que les engrais, des motocyclettes, des motopompes ou bien les tricycles pour transporter des récoltes. Il y a   aussi des accompagnements en petit matériel de transformation. Nous avons  des  coopératives à l’Ouest qui ont bénéficié des décortiqueuses de riz, des séchoirs de maïs. Le problème des pertes post-récoltes est  très important dans cette région. Ces équipements, les habitants les apprécient à  bon escient. Nous avons aussi vu des villages qui ont bénéficié des magasins multifonctionnels, où on peut faire du stockage, de la transformation et même de la commercialisation. Nous avons au sein  du Minader beaucoup de projets et les paysans apprécient toutes ces présences sur le terrain.

A défaut de transformer localement, les agriculteurs sont obligés d’écouler leurs récoltes vers les grands centres urbains, mais la route ne suit pas toujours ces efforts de développement. Comment résoudre cette équation ?

Dans l’optique de la révolution agricole, le gouvernement s’emploie à désenclaver les bassins de production.  C’est dans cette logique qu’il y a plusieurs projets routiers qui ont été  réalisés. On peut citer à l’Ouest la bretelle qui permet de partir de Bangangté à Foumbot. A côté de ces efforts, il y a  l’encouragement pour une transformation locale. J’ai visité à Kekem, une usine de transformation de Cacao d’une capacité de 35 mille tonnes, à Bandjoun, une usine de conditionnement du haricot vert. Il y a aussi des  populations rurales qui arrivent à transformer un certain nombre de chose, telle que la tomate en pâte  de tomate et bien d’autres produits. Donc,  il  y a une dynamique en cours.

Quelles sont vos projections sur le potentiel agricole  du Cameroun qui se veut émergent ?

Nous voulons  déjà rendre disponible les  semences de bonne qualité  de tout genre. La deuxième action est de rationnaliser ou de formaliser l’accès aux intrants. A côté de ces projets, il y a des investissements stratégiques initiés par l’Etat, comme l’aménagement de 40 mille hectares de périmètre irrigué  pour la production du riz, de nouveaux bassins de production dans le Mbam et Kim, dans l’Adamaoua, toute la zone de Yoko jusqu’à Bankim où on a un véritable bassin  de production de café. Nous pensons aussi à la réorganisation des coopératives, c’était la force de la région de l’Ouest du Cameroun. Nous allons revenir sur les  coopératives pour booster la production du café et du cacao.

Entretien retranscrit par M.L.S.

 

Auteur:
Marie Louise SIMO
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