Cameroun - Albert Dzongang: «Ahidjo avait décidé qu’il n’y aurait pas l’équilibre régional aux concours d’entrée à l’Ecole normale, à Polytechnique et à l’Ecole de médecine»

Par Pierre Arnaud NTCHAPDA | Cameroon-Info.Net
DOUALA - 14-Nov-2017 - 12h39   4644                      
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Albert Dzongang Archives
L’opposant appelle à « abroger » le principe de l’ «équilibre régional » et les notions d’ « autochtones » et d’ « allogènes ».

La dernière sortie du Laakam a servi de prétexte pour un débat sur l’équilibre régional le 13 novembre 2017 sur l’antenne de Radio Balafon. L’un des intervenants, Albert Dzongang a donné son avis sur la question.  Il a expliqué qu’il avait quitté le RDPC en partie à cause des notions en rapport avec les origines tribales. « Je me suis battu en 1996 pour qu’on n’empoisonne pas notre constitution avec cette notion d’autochtones, allogènes, et d’équilibre régional qui en réalité est un faux équilibre ».  Le président du parti politique La Dynamique pour la renaissance nationale fait savoir  qu’en 1987 alors qu’il militait encore au sein du RDPC, il a été « plusieurs fois victime de ce faux équilibre ».    

Dzongang croit qu’il n’y a pas un réel équilibre régional au Cameroun.  « C’est un piège à cons. Si ceux qui prétendent pratiquer cet équilibre l’équilibraient vraiment on n’en serait pas là », dit-il au sujet de la situation du Cameroun.  Il pense qu’on ne peut pas développer un pays sur la base d’équilibres. Pour ce qui est de l’équilibre régional pratiqué dans certain concours, il soutient que le premier président du Cameroun n’en voulait Pas dans certaines grandes écoles. « Même Ahidjo qui n’a pas été longtemps à l’école avait décidé qu’il n’ y aurait pas l’équilibre régional  aux concours d’entrée à l’Ecole normale,  à Polytechnique et à l’Ecole de médecine ».

L’expert automobile de profession pense qu’en lieu et place de l’équilibre régional « c’est autre chose qui se passe ».  Pour lui c’est l’occasion  pour ceux qui nous gouvernent de placer les leurs qui sont des cancres.  Dzongang parle d’une histoire tordue et soutient que le Cameroun a échoué au moins à 80% à cause de la politique d’équilibre régional.

Celui qui se présente comme le censeur originel du Laakam estime que les rédacteurs de la dernière correspondance adressée à Paul Biya n’ont fait que  réclamer  ce qui leur revient de droit. « Le Laakam n’a pas vocation à pleurnicher. Les Bamilékés tels que je les connais sont des cueilleurs. C’est-à-dire qu’ils montent sur l’arbre et trient les fruits ! Ce ne sont pas des ramasseurs des restes  des fruits mangés par les singes. On veut tout simplement qu’il y ait des règles claires. Si tous les 10 premiers candidats à un concours sont de Mvomeka’a pourquoi ne pas les prendre ? Et méfiez-vous ! O ne parle de l’origine de quelqu’un que quand il échoue. Si vous êtes quelque part et que vous réussissez  les gens ne vont même pas demander  d’où vous venez. On va vous adopter on va vous aimer ».

Auteur:
Pierre Arnaud NTCHAPDA
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