Cameroun - Albert Dzongang (Conseiller de Maurice Kamto) : « Les gens ne voient le tribalisme que chez l’autre. Je voudrais parler d’un tribalisme de fait. Pas d’un tribalisme de paroles. Qu’est-ce que monsieur Dzongang a déjà fait pour qu’on dise qu’il est tribaliste ? »

Par Pierre Arnaud NTCHAPDA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 21-Mar-2020 - 15h53   14070                      
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Une attitude d'Albert Dzongang lors de l’émission la Vérité en face du 12 janvier 2020 Facebook
L’ancien député RDPC entré dans la contestation du régime il y a 24 ans jure qu’il n’a jamais déclaré que le moment est venu pour les Bamiléké de prendre le pouvoir.

Albert Dzongang répond à ceux qui le taxent de tribalisme. L’opposant proche du leader du MRC Maurice Kamto. Invité d’ABK Radio le 18 mars 2020, l’ancien député RDPC s’est défendu bec et ongles. Albert Dzongang a ainsi déclaré qu’il appartient à la tribu des défavorisés.   « Je suis le plus grand tribaliste. Je défends ma tribu Vous savez qu’au Cameroun il y a deux tribus : la tribu des bouffeurs et la tribu des travailleurs. Je suis de la tribu des travailleurs malheureux et je défends cette tribu corps et  âme », a dit le président-fondateur du parti d’opposition La Dynamique pour la renaissance nationale aujourd’hui dissout.

Selon lui, le tribalisme au Cameroun n’ est pas une réalité. « Mais ce que vous appelez tribalisme dans le langage du quartier n’existe pas. Ça c’est dans les paroles. S’il y avait le tribalisme au Cameroun cette radio ne serait même pas ici. Il ne faut pas qu’on vous raconte les histoires. S’il y avait le tribalisme au Cameroun le premier élu à Douala devait être Elimbi Lobe. Il est allé se présenter à Douala 1er. Ses frères qu’il pense défendre ne l’ont pas élu. Ça veut dire qu’il y avait un autre intérêt au-dessus de l’intérêt du village. S’il y avait le tribalisme, mon Dieu, ce n’est pas Sindjoun Luc et les gens de mon village qui écriraient pour demande qu’on tue Kamto et  moi. Ils auraient dit « non ce sont nos frères », argumente l’expert automobile.

Il convoque la notion de « tribalisme de fait » opposé à « un tribalisme de paroles ». Il argumente en ces termes : « qu’est-ce que monsieur Dzongang a déjà fait pour qu’on dise qu’il est tribaliste ? A-t-il eu à faire admettre des enfants à l’issue d’un concours et n’a choisi que les gens d’une région ? ». Il ajoute que  « quand les gens vous parlent de tribalisme, ils sont tellement menteurs que ces grands hommes d’affaires  qu’ils soient de n’importe quelle région ont des relations avec n’importe quelles autres régions ». Les mariages interethniques sont selon lui la preuve que le tribalisme n’a pas prospéré au Cameroun.

Toujours sur la défensive Albert Dzongang jure que contrairement à ce qui se dit il n’a jamais déclaré que c’est le tour des Bamiléké de gouverner le Cameroun. Il considère que le tribalisme effectif rime avec népotisme. « C’est le fait de ne mettre que ceux qu’on considère comme étant ses frères quelque part. Comptons les commissaires de police à Douala et maintenant rentrons dans les détails. Ils sont de quelle ethnie ? Voilà le tribalisme », affirme-t-il. Albert Dzongang fait valoir que c’est pour s’être battu contre les notions d’autochtones et d’allogènes, pour avoir refuser  de « participer à la mise à mort du vivre-ensemble » au Cameroun  qu’il a quitté le RDPC en 1996.  

 

Auteur:
Pierre Arnaud NTCHAPDA
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