Cameroun - Ambiance postélectorale: Le président de l’Assemblée nationale en rajoute une couche contre Mgr Samuel Kleda.

Par Adeline ATANGANA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 03-Nov-2018 - 00h03   8041                      
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Cavaye Y. Djibril Archives
« C’est connu, tout pouvoir vient de Dieu. Violer un tant soit peu, la volonté du Peuple c’est surement renier soi-même sa qualité d’homme d’église, serviteur de Dieu. Que l’on soit Imam, Pasteur, Prêtre, Evêque, Archevêque ou Cardinal, mettre de l’huile sur le feu, ne vous honore point » 

Les personnalités pro-gouvernementales continuent de tirer à boulets rouges sur Monseigneur Samuel Kleda, l’Archevêque de Douala. Ce dernier a dénoncé, sans mettre de gants, les irrégularités qui auraient émaillé l’élection présentielle du 07 octobre 2018. Il a aussi mis en doute les chiffres qui donnent vainqueur le candidat Paul Biya, président sortant, dans certaines Régions en crise.

 Le patron de l’église catholique à Douala, par ailleurs président de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun, avait réagi au lendemain de la proclamation des résultats officiels de la Présidentielle 2018 par le Conseil constitutionnel. La haute juridiction a classé en tête Paul Biya qui dirige le pays depuis 36 ans, avec 71, 28 % contre 14, 23 % pour son dauphin Maurice Kamto.

Des résultats contestés par l’opposition et même par certaines autorités religieuses comme Samuel Kleda. Par son attitude, le successeur du Cardinal Christian Tumi, à la tête de l’Archidiocèse de la capitale économique, s’est donc attiré les foudres de certaines élites favorables au Régime Biya.

Après avoir essuyé la réplique de Monseigneur Jean Mbarga, Archevêque de Yaoundé, Samuel Kledda s’est vu attaquer en des termes violents ce vendredi 2 novembre 2018 par Cavaye Yeguie Djibril, président de l’Assemblée nationale et ponte du Régime Biya. C’était pendant le discours d’ouverture de la 3e session ordinaire de l’année législative 2018.

« Se situant au lendemain de l’élection présidentielle du 7 octobre 2018… Je saisis ainsi cette occasion solennelle, pour saluer, au nom des Députés à l’Assemblée Nationale, le déroulement dans le calme et la sérénité dudit scrutin… C’est le lieu pour moi, de m’insurger contre tout appel au désordre et à la division.  J’en appelle plutôt au sens de responsabilité des uns et des autres. A cet effet, j’apprécie personnellement le comportement très responsable de certains hommes d’église contrairement à d’autres, qui rament à contrecourant des idéaux reconnus de tous. Autorités morales, les hommes d’Eglise en général et à mon sens, ont l’impérieux et sacré devoir de prôner la paix, l’unité, le vivre ensemble et non pas de semer les germes de la discorde. Ils ont l’impérieuse et sacrée mission, de véhiculer un message de rassemblement, d’apaisement, non pas d’inciter à la provocation et à l’affrontement. Il leur incombe aussi, la mission d’enseigner et d’éduquer les adeptes des différentes confessions. Education à l’amour du prochain, à la tolérance, au respect des institutions, de ceux qui les incarnent, le respect en particulier de la volonté du peuple, car elle est la volonté de Dieu. Vox populi, vox Dei. Littéralement, la voix du peuple est la voix de Dieu. C’est connutout pouvoir vient de Dieu. Violer un tant soit peu, la volonté du Peuple c’est surement renier soi-même sa qualité d’homme d’église, serviteur de Dieu. Que l’on soit Iman, Pasteur, Prêtre, Evêque, Archevêque ou Cardinal, mettre de l’huile sur le feu, ne vous honore point » a déclaré la troisième personnalité de la République qui avait fait brûler en public à l’Extrême-Nord, sa région natale, les tenues à l’effigie de Maurice Kamto, président national et candidat du MRC, arrivé en deuxième position à l’issue de la Présidentielle 2018.

Auteur:
Adeline ATANGANA
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