Cameroun - Calixthe Beyala évoque les problèmes qu’elle a rencontrés après son retour au Cameroun: «On a une vision fantasmée de l’Afrique quand on est ici. Mais quand on est sur place, on a une Afrique d’exclusion»

Par Claude Paul TJEG | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 27-Mar-2021 - 09h49   16982                      
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Calixte Beyala Capture d'écran
L’écrivaine camerounaise s’exprimait ainsi au micro de nos confrères de RFI.

L’image idyllique d’une Afrique où il règne entente, cohésion et solidarité Calixthe Beyala ne veut plus en entendre parler. L’écrivaine qui a fait son retour au Cameroun, le pays qui l’a vu naitre, il y a de cela quelques années déjà, a été désillusionnée par le climat social précaire qu’elle a trouvé sur place. Elle décrit une société gangrenée par la haine, où des noirs rejettent d’autres noirs, des camerounais rejettent d’autres camerounais, parce qu’ils ne sont pas de la même ethnie, ou encore parce qu’ils sont nés ou ont grandi sous d’autres cieux. Notre compatriote en a beaucoup souffert, car pour elle, de tels comportements dénaturent l’objectif suprême du panafricanisme, qui était de rassembler et d’unifier les peuples noirs.

«Quand je suis arrivée, j’ai eu énormément de problèmes. Parce qu’il faut dire qu’on a une vision fantasmée de l’Afrique quand on vit ici. Quand on est sur place, on a une Afrique d’exclusion, une Afrique tribaliste, une Afrique qui rejette d’autres noirs. Tout ça je l’ai vécu dans ma chair. J’en ai souffert, j’en ai été malade, j’en ai été écœurée. Parce que ce n’est pour ça qu’on s’est battu. On s’est battu pour le panafricanisme, pour que chaque noir d’où qu’il vienne, puisse avoir une terre en Afrique, puisse avoir une carte d’identité africaine.

Maintenant je suis arrivée dans une Afrique où on me dit tu n’es pas Bamiléke, mets-toi là-bas, tu n’es pas Beti, mets-toi de l’autre côté, tu n’es même pas camerounaise, j’ai entendu ça ! Une Afrique d’exclusion en somme, parce qu’elle est en train de copier ce qui est mauvais chez l’autre, qui n’arrive pas à comprendre que sa force, c’est sa diaspaora. Une Afrique avec toute sa diaspora est une Afrique forte, qui peut se faire défendre partout», a-t-elle déclaré sur le plateau du Talk-Show de l’émission Couleurs Tropicales, diffusé sur RFI ce vendredi 26 mars 2021.

Auteur:
Claude Paul TJEG
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