Cameroun - Christopher Fomunyoh: «Quand je vois ce qui s’est passé le 26 janvier et quand je lis les chefs d’accusation qui sont portés contre Maurice Kamto, je dis mais ce n’est pas normal ! »

Par Pierre Arnaud NTCHAPDA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 23-Mar-2019 - 14h51   6465                      
13
Christopher Fomunyoh Archives
Le directeur Afrique du National democratic institute (NDI) appelle les autorités camerounaises à « repenser » leur façon de gérer les citoyens.

Les dernières atteintes aux droits de l’homme au Cameroun n’enchantent pas Christopher Fomunyoh. Le directeur Afrique du National democratic institute (NDI) s’est exprimé sur la question le jeudi 21 mars 2019  sur la télévision STV. Il a pris le parti du sous secrétaire d’Etat américain aux affaires africaines Tibor Nagy. Le Camerounais s’est dit étonné de voir qu’il était pris en grippe avant son séjour au Cameroun par le gouvernement pour avoir dénoncé les violations des droits de l’homme. « Je suis très surpris que dans notre pays la moindre déclaration fasse l’objet de tant de mouvements, pour des choses banales ! Si quelqu’un dit : « je constate que le situation des droits de l’homme au Cameroun ne progresse pas », c’est son constat à lui. C’est une observation tout à fait légitime. Parce que vous ne pouvez pas  être indifférent qu’un pays parte aux élections et qu’après les élections il y ait des troubles post-électoraux et que le candidat qui a fini en tête des candidats de l’opposition se retrouve en prison et vous estimez que votre partenaire qui gère ce genre de questions ne dira pas un mot », a expliqué l’invité du programme « Entretien avec ».

Commentant les manifestations interdites du 26 janvier 2019 et leurs conséquences, Christopher Fomunyoh a fustigé l’agressivité des autorités et n’a pas hésité à les inviter à leur présenter l’exemple d’autres pays. « L’événement, à mon sens dans d’autres pays, aurait dû être géré différemment. J’ai vu des pays où des gens sont sortis par milliers pour manifester. Ces manifestations ont été encadrées par les services de sécurité. Et à la fin de la journée chacun est rentré chez lui et la vie a continué ! Mais pourquoi se trouve-t-il qu’aujourd’hui, chaque fois qu’un groupe veut manifester, au lieu même de s’asseoir avec eux pour être d’accord sur les conditions de cette manifestation leur dire « vous avez tel endroit, vous avez le droit de manifester pendant deux heures de temps vous commencerez à telle heure, vous terminez à telle heure, on met à votre disposition pour encadrer votre marche un certain nombre d’éléments de police ou de gendarmerie » et les choses vont se passer normalement ! Et nous allons vivre comme dans un pays normal ! », a suggéré le président de la Fondation Fomunyoh tout en appelant le régime de Yaoundé à se ressaisir. « Nous devons repenser notre façon de gérer les citoyens. Sinon Maurice Kamto ne devrait pas se retrouver en prison. Quand je vois ce qui s’est passé le 26 janvier et quand je lis les chefs d’accusation qui sont portés contre lui, je dis « mais ce n’est pas normal ! »

M. Fomunyoh redoute la réaction des partenaires du Cameroun. Il s’imagine qu’ils seront surpris te déçus par l’image que le Cameroun renvoie en matière de pratique démocratique.

Auteur:
Pierre Arnaud NTCHAPDA
 @t_b_d
  • E-mail 0
  • Google+
  • Tweet
  • Partagez
Dans la même Rubrique