Cameroun - Claude Abé: «Avec Mgr Kleda, on est dans la continuité du Cardinal Tumi»

Par Otric NGON | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 31-Oct-2018 - 15h14   5471                      
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Claude Abe Capture d'écran
Le sociopolitiste et enseignant d’université n’est pas surpris de la divergence d’opinion de l’Eglise catholique à propos de la présidentielle 2018.

D’ailleurs, estime-t-il dans une interview à Mutations le 30 octobre 2018, cette divergence n’est pas un fait nouveau. «Si vous regardez l’histoire des rapportes entre l’Eglise catholique, notamment l’archevêché de Douala, l’évêché de Nkongsamba et l’archevêché de Yaoundé, vous vous rendrez compte que lorsque Mgr Ndongmo était vent debout contre le régime Ahidjo à Yaoundé, c’était mi-figue mi-raisin. Un jour on est contre le régime, un jour on essaye de tempérer».

A propos de Mgr Kléda qui a fait sur sortie pour s’étonner des scores engrangés par Paul Biya dans les régions de l’Extrême-Nord, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest lors de la présidentielle 2018, Claude Abé explique que depuis l’arrivée de Mgr Kléda, on est dans la continuité du message qui a toujours été porté par le Cardinal Christian Tumi.

Un message «très critique à l’endroit de la gestion des institutions de la cité». Pendant qu’à Yaoundé, «on est dans un message qui est plus ou moins tempéré, même si on se veut critique. Car soit dit en passant, Yaoundé c’est quand même la capitale politique. Les positions qu’on peut avoir étant à Yaoundé ne sont pas les même qu’on peut avoir étant à Douala».

L’interviewé estime que l’histoire de la ville de Douala, qui est une ville qui a toujours été vent debout contre le pouvoir nous indique aussi que la ville en tant qu’institution peut façonner le comportement des prélats, tandis que la ville de Yaoundé peut aussi avoir une autre manière de façonner les prélats, sans que ces derniers ne remettent en question le sens de la collégialité qui a toujours existé au sein de l’Eglise catholique.

Claude Abé estime également qu’il n’y a pas de la part des prélats une confusion entre la politique et le religieux dans la mesure où l’Etat camerounais, de par sa Constitution, est un Etat laïc. En tant que tel, le politique a son domaine qui est spécifique, pendant que le religieux a le sien.

Cependant, estime le sociologue, «il y a probablement une utilisation de l’Eglise dans le sens politique, qui rencontre des intérêts du politique et aussi qui rencontre les intérêts de l’opposition, quand on voit les positions qui sont celles de Mgr Samuel Kleda».

Auteur:
Otric NGON
 @OtricNgonCIN
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