Cameroun - Climat postélectoral: Des organisations de la société civile dénoncent des irrégularités du scrutin et appellent les populations à la mobilisation

Par Frédéric NONOS | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 18-Oct-2018 - 15h10   5678                      
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Les OSC face a la presse F. Nonos
Elles l’ont exprimé au terme d’une conférence de presse le 15 octobre dernier à Douala.

Affichage tardif des listes électorales, expulsion des représentants de l’opposition et des observateurs, abus d’autorité, achat de conscience, arrestations, intimidation, tuerie…Autant d’irrégularités relevées par les missions d’observation des organisations de la société civile (OSC) au terme du scrutin présidentiel du 7 octobre dernier. Interdite par les autorités qui ont déployé un impressionnant dispositif sécuritaire, la conférence de presse conjointe Redhac, Un monde Avenir et Wilpf Cameroon, initialement prévue dans un hôtel, s’est finalement tenue le 15 octobre dernier au siège du Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (Redhac) à Douala.

Il s’est agi pour ces OSC de dresser un premier bilan de l’observation du scrutin. Si elles reconnaissent que l’élection s’est déroulée dans un calme relatif en dehors des deux régions anglophones en proie à une crise sociopolitique et sécuritaire, force est de regretter selon ces OSC que plusieurs irrégularités ont émaillé la présidentielle. Avec ses 1200 observateurs déployés dans les 58 départements du pays, l’ONG Un monde Avenir, à en croire son coordonnateur, Philippe Nanga, a noté plusieurs cas de fraude ou de tentatives de fraude, à l’instar de plusieurs personnes détentrices des récépissés qui n’ont pas retrouvé leurs noms sur les listes électorales. Sur les 400 bureaux de vote des 4 régions couvertes, le Redhac dit avoir relevé un faible taux de participation des jeunes et femmes particulièrement dans les deux régions anglophones. L’ONG déplore également la création des fausses organisations accréditées par l’Etat pour tenter de crédibiliser le scrutin, non sans mentionner les menaces et représailles à l’encontre des défenseurs des droits humains.

Plus grave, rapporte Wilpf Cameroon, des personnes ont été tuées à Bali et Akum et de graves affrontements, tirs, enlèvements signalés le jour du vote dans la partie anglophone. Toutes choses susceptibles de remettre en cause la crédibilité du scrutin. Ces OSC estiment que le scrutin présidentiel ne règle pas les problèmes de fond du pays et que seul un véritable dialogue inclusif permettra d’apaiser les tensions et de réconcilier le pays. S’agissant du climat post électoral tendu, « quand on ne peut plus se réunir en toute liberté, quand toutes les portions de nos libertés sont menacées, il ne nous reste qu’à descendre dans la rue pour exprimer notre malaise et réclamer nos libertés », a lancé Maximilienne Ngo Mbe, directrice exécutive du Redhac. Quant aux résultats du vote, l’activiste Jean Marc Bikoko de la Dynamique citoyenne appelle le peuple à rester mobilisé pour  défendre son vote le moment venu s’il estime qu’il est volé.

Auteur:
Frédéric NONOS
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