Cameroun - Climat social: Psychose à Yaoundé suite à la grève des mototaximen

Par Fred BIHINA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 13-Nov-2019 - 13h13   4421                      
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Le centre-ville de Yaoundé archives
Plusieurs habitants de la capitale camerounaise redoutent une nouvelle journée de violences ce 13 novembre 2019 en rapport avec le mouvement d’humeur des chauffeurs de motos.

Tatiana A. est étudiante en première année communication à l’Institut Matamfen de Yaoundé. La jeune fille qui vit au quartier Fougerolles sur la route de Soa (Yaoundé 5), hésite à faire le déplacement ce 13 novembre 2019 pour son campus situé au quartier Tsinga (Yaoundé 2).

«Je ne sais pas encore si j’irai à l’école ce matin. Hier, j’ai marché à pied sur une bonne distance avant d’avoir un taxi», explique-t-elle.

Tatiana A. fait partie des nombreux habitants de la capitale du Cameroun qui ont été victimes de la grève des conducteurs de mototaxis, lancée le mardi 12 novembre.

Les exploitants des engins à deux roues protestent contre l’entrée en vigueur d’une mesure des autorités leur interdisant l’accès à certaines zones de Yaoundé.

«Si on nous demande de ne pas aller au centre-ville, dans les ministères et les ambassades, on peut comprendre. Mais, on ne peut pas nous demander de ne plus aller à Mokolo, Tsinga ou Elig-Edzoa. Ce sont des zones où on a eu l’habitude de travailler», s’insurge Thomas Kamdem, l’un des grévistes.

Pour se faire entendre, certains d’entre eux ont érigé des barricades dans des, empêchant la circulation des taxis à quatre roues. Cameroon-Info.Net a appris des taxis ont été caillassés à Tsinga par des grévistes qui reprochaient à leurs conducteurs de ne pas être solidaires du mouvement d’humeur.

La situation a nécessité l’intervention des forces de l’ordre qui ont permis de ramener le calme en milieu de journée. Mais jusqu’en soirée, on pouvait constater une affluence timide des taxis dans la ville. Aussi, les Yaoundéens redoutent-ils une nouvelle journée de violences ce mercredi.

A l’origine de cette paralysie, un arrêté conjoint du gouverneur du Centre, Naseri Paul Béa et du préfet du Mfoundi, Jean-Claude Tsila, qui fixe les zones interdites aux chauffeurs de mototaxis.  

Voici lesdites zones: Centre-ville, Carrefour EMIA, ambassade de France, Olézoa, Carrefour Vogt, Carrefour Atangana Mballa, Elig-Edzoa, Elig-Essono, Bata Nlongkak, Ecole de police, Tsinga, Ahala, Nkozoa, Mont Febe, carrefour Bastos, Palais des Congrès, Nouvelle route Bastos, Carrefour Warda, Carrefour Coron, Base aérienne jusqu’à l’aéroport de Nsilmalen.

Fred BIHINA

Auteur:
Fred BIHINA
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