Cameroun - Climat Sociopolitique: Des chefs traditionnels de la région de l’Ouest favorables à la mise sur pied d’un cadre de concertation des leaders d’opinion pour une transition politique paisible à la tête de l’Etat

Par Béatrice KAZE | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 26-Nov-2020 - 07h41   6022                      
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Une chefferie archives
La position de ces chefs traditionnels est contenue dans une déclaration adressée au président de la République le 19 novembre 2020.

De nombreux chefs traditionnels de la région de l’Ouest, jusqu’ici réservés, ont décidé de briser le silence et de se prononcer sur la situation sociopolitique qui prévaut actuellement dans le pays.

Dans une déclaration publiée le 19 novembre 2020 et adressée au président de la République, au Premier ministre chef du gouvernement, à l’Assemblée nationale, et au ministre de l’Administration Territoriale, des chefs traditionnels, membres du Conseil des chefs traditionnels de l’Ouest Cameroun (CCTO), entendent donner la perception que les autorités traditionnelles et culturelles de la région de l’Ouest ont des différentes crises que traverse le Cameroun. De même qu’ils entendent suggérer des solutions, rapporte le quotidien Le Messager dans son édition du 25 novembre 2020.

Selon le journal qui a obtenu copie dudit document, au sujet du conflit armé dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, «le Conseil des chefs traditionnels de la région de l’Ouest souligne que l’option militaire jusqu’ici utilisée pour juguler cette crise semble montrer ses limites. Les autorités traditionnelles de la région pensent que la résolution de la crise au Nord-Ouest et au Sud-Ouest nécessite la mobilisation des chefs traditionnels du Cameroun «afin qu’ils organisent urgemment une rencontre pour activer, à leur niveau, les mécanismes traditionnels et coutumiers de résolution de ce type de conflit interne.» Une option qui, selon les mêmes sources, garantirait une solution endogène et concertée. Mais aussi une réconciliation effective et un réel apaisement des cœurs», peut-on lire.

Reconnaissant le caractère politique de la crise anglophone, la déclaration du conseil des chefs traditionnels de la région de l’Ouest appelle les députés et sénateurs «à prendre leurs responsabilités en inscrivant à leur ordre du jour cet épineux problème dit anglophone pour enfin apporter, en tant que représentation nationale, leurs propres contribution aux solutions de retour à la paix».

Si le Conseil des chefs traditionnels de la région de l’Ouest salue les «avancées» découlant du Grand dialogue national, il demande au président de la République d’aller au-delà des balises posées. Plus explicite, le CCTO préconise «une concertation entre tous les courants politiques de revendication de nos frères du Nord-Ouest et du Sud-ouest». Un préalable à «un autre dialogue, cette fois-ci avec des interlocuteurs reconnus et mandatés, et, de préférence sous l’égide d’un ou de plusieurs médiateurs et facilitateurs crédibles et acceptés par tous», lit-on.

A propos du contexte social et politique actuel, émaillé de méfiance, d’intolérance et de défiance, les chefs traditionnels de la région de l’Ouest estiment que cette situation est conséquente de «la crise de confiance quasi généralisée qui semble s’installer entre le peuple et les politiques de tous bords, ces derniers étant plus occupés par leurs joutes de pouvoir que par l’amélioration des conditions de vie des populations». Conséquence, souligne le CCTO, «le parti au pouvoir, ses alliés et l’opposition procèdent à la tribalisation de la scène politique nationale. De même que certains acteurs politiques instrumentalisent la justice. Dans la foulée, les acteurs politiques du pouvoir et certains de l’opposition exacerbent la haine tribale au mépris de la récente loi pénalisant les propos et faits tribalistes».

Pour  décrisper l’espace social et politique,  le CCTO suggère «une reconnaissance de la légitimité gouvernementale par l’opposition dite radicale afin de décrisper la scène politique et créer une ouverture de concertation». Aussi, les chefs traditionnels de la région de l’Ouest appellent à «la mise en place en urgence d’un cadre de concertation entre les pouvoirs publics et les partis politiques, ce cadre pouvant à l’avenir être institutionnalisé».

Au Sujet de la transition à la tête de l’Etat, le regroupement des autorités traditionnelles de la région de l’Ouest souligne que cette question nécessite la mise sur pied d’un cadre de concertation entre tous les leaders d’opinion «afin de définir de façon consensuelle un cadre pour une prochaine transition politique paisible», indique le document qui porte  les signatures de leurs Majestés Ngamou Louis pour le Ndé, Fondjo David pour le Haut-Nkam, Takoukam Jean pour les Hauts-Plateaux, Moumbe Mitterand pour la Mifi, Teigni Detio Jean pour les Bamboutos, Guemega Gaston pour la Menoua et le trésorier de la fédération du CCTO pour le Koung-Khi, Pouokam Georges Désiré.

Auteur:
Béatrice KAZE
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