Cameroun - Coopération: Quand la Présidence de la République bloque des projets financés par la Banque Mondiale

Par Béatrice KAZE | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 25-Mar-2019 - 20h58   5003                      
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Palais de l'Unite, Yaounde, Cameroun Archives
De nombreux projets du portefeuille sont en attente de la déclaration de leur mise en vigueur. Il faut parfois attendre plus d’un an pour que le décret habilitant le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire à engager le Cameroun soit signé par le chef de l’Etat.

Lors de l’ouverture de la revue conjointe du portefeuille de ses projets au Cameroun le 19 mars dernier, la Banque mondiale n’est pas allée du dos de la cuillère pour dénoncer des lenteurs dans leur mise en œuvre.

 «Le premier frein est le délai de mise en vigueur des projets du portefeuille. Ce délai a plus que doublé entre 2016 et 2019, passant de 6,7 mois à plus de 14 mois. Sept projets du portefeuille sont en attente de la déclaration de leur mise en vigueur alors qu’ils ont été approuvés depuis plus d’un an pour certains», regrettait alors Mazen Bouri, responsable des programmes du secteur économie, finances et gouvernance de la Banque mondial et représentant de la directrice des opérations de la Banque mondiale à cette rencontre.

Selon l’hebdomadaire Intégration dans son édition du 25 mars 2019, la présidence de la République est à l’origine des blocages observés. «Un projet ne peut être lancé sans la signature des accords de crédits. Cette signature se fait généralement entre le ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (MINEPAT) et la direction des opérations de la Banque mondiale au Cameroun. Mais avant, il faut que le président de la République signe un décret habilitant le MINEPAT à engager le Cameroun. Et on attend souvent plus d’un an pour que ce texte soit signé», peut-on lire dans le journal.

«C’est ce qui est arrivé au projet de développement de l’hydro- électricité sur le fleuve Sanaga ainsi qu’à celui de développement des villes résilientes et inclusives. Approuvés par le Conseil d’administration de la Banque en 2017, les décrets y relatifs ont seulement été signés en fin février 2019», relève Intégration.

Une situation qui agace l’Institution de Bretton Woods. Le responsable des programmes du secteur économie, finances et gouvernance de la Banque mondial, Mazen Bouri prévient, «l’engagement de la Banque pourrait s’en trouver diminué, du fait d’un ralentissement de la préparation et de la soumission de nouvelles opérations au Conseil d’administration. Surtout que même le rythme d’exécution des projets se dégrade. Le taux de décaissement sur l’année fiscale 2019 n’excédera pas 7 % contre 18 % en 2018 et 22 % en 2017».

Auteur:
Béatrice KAZE
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