Cameroun - Coup d’Etat Manqué du 6 Avril 1984: Huit ans après sa création, le Comité pour la restitution des dépouilles des personnes fusillées ou mortes en prison dans le cadre des événements du 6 avril 1984 attend toujours une réaction du gouvernement

Par Béatrice KAZE | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 06-Apr-2019 - 12h26   6917                      
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L’organisation demande entre autres, l’établissement d’un certificat individuel de genre de mort des putschistes fusillés ou morts en détention et la restitution des dépouilles des personnes fusillées ou mortes en prison.

C’est en 2011 que le Comité pour la restitution des dépouilles des personnes fusillées ou mortes en prison dans le cadre des événements du 06 avril 1984 a vu le jour.

Selon Guibai Gatama le directeur de publication du Trihebdomadaire l’Œil du Sahel qui revient sur cette actualité dans l’édition du journal  en kiosque ce 5 avril 2019, «ce Comité n’est pas dirigé contre le gouvernement de la République du Cameroun, car il considère le respect des institutions comme sacré. Le Comité n’est, non plus, une remise en cause de l’Histoire, un outil pour faire le procès du 06 avril 1984».

Dans le cadre du renforcement de l’unité nationale et du respect de la dignité humaine, le Comité demande: «D’établir un certificat individuel de genre de mort des putschistes fusillés ou morts en détention dans le cadre des événements du 06 avril 1984, afin que les familles de ceux-ci puissent disposer d’un document légal leur permettant de liquider les droits de succession en suspens, et de bénéficier de leurs effets. Munies de ces documents, les familles pourront ainsi bénéficier de l’application de la loi portant amnistie».

La seconde revendication porte sur «les lieux où ont été enterrées les différentes personnes fusillées ou mortes en prison, afin que les familles puissent faire le deuil selon leurs religions, traditions et autres rites». Et enfin, «restituer les dépouilles des personnes fusillées ou mortes en prison dans le cadre des événements du 06 avril 1984, aux ayant droits. Ces trois revendications fondamentales sont les missions que s’est assignées le Comité. Il sensibilisera aussi bien l’opinion nationale qu’internationale pour que la dignité humaine soit respectée, quelles que soient les circonstances».

Neuf ans après sa création, l’organisation attend toujours que ses doléances soient prises en compte par le gouvernement. A propos de l’opportunité de sa création, Guibai Gatama explique que,  «sa constitution survienne 27 ans après les faits, le retour de la dépouille de l’ex-président Ahmadou Ahidjo ayant supplanté, ces dernières années et pour des raisons symboliques et politiques, la restitution aux légitimes propriétaires des dépouilles des personnes fusillées ou mortes en prison dans le cadre des événements du 06 avril 1984. Il y a aussi le silence assumé des acteurs politiques, qui n’ont pas pu ou voulu relayer ce sentiment profond de la population».

 «Nous pensons cependant qu’il survient suffisamment à temps, pour rappeler à la conscience collective cet épineux problème afin que les témoins encore en vie, avant qu’il ne soit tard, fournissent des informations crédibles relatives aux lieux où reposent les différentes dépouilles. Le Cameroun a besoin de ce travail de mémoire pour se réconcilier avec lui-même et pour sa propre Histoire», soutient le directeur de publication.

Auteur:
Béatrice KAZE
 @T_B_A
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