Cameroun - Crise anglophone - Cardinal Christian Tumi: «Il n’y a jamais eu de mariage entre le Cameroun anglophone et le Cameroun francophone. Ils vivent en concubinage»

Par Pierre Arnaud NTCHAPDA | Cameroon-Info.Net
DOUALA - 24-Aug-2017 - 01h08   19763                      
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Cardinal Christian Tumi UCAC
Le prélat à la retraite dénonce cependant les actes de violence perpétrés contre une élève, des écoles et la destruction du drapeau camerounais.

Christian Tumi  déclare que la Réunification du Cameroun n’était que factice. Dans un entretien avec le site Internet camerounais lavoixdukoat.com associé pour l’occasion à l’Organisation de la société civile « Un Monde Avenir » il a déclaré qu’ « Il n’y a jamais eu de mariage entre le Cameroun anglophone et le Cameroun francophone. Ils vivent en concubinage », a-t-il dit dans des propos rapportés le 21 août 2017.

L’ancien archevêque de Douala soutient qu’aucun acte n’a été pris formellement en juillet 1961 à Foumban. «Ils n’ont rien signé à Foumban.  Le premier ministre John Ngu Foncha (qui était enseignant catholique avant) n’avait pas le pouvoir de négocier, parce que la Cameroun était sous tutelle de la France et de l’Angleterre. Comme les Français soutenaient Ahidjo, ils étaient à la conférence. C’est l’Angleterre et les Nations Unies qui devaient valider l’acte. Mais ces deux n’étaient pas présents. Il n’y a jamais eu de document sur ce qui s’est passé à Foumban. Les gens sont allés boire du vin

Le fédéralisme de fait ainsi consacré a laissé beaucoup de bons souvenirs au Cardinal Tumi. Il se rappelle que le pays bénéficiait d’une bonne gouvernance.  Pour lui le Cameroun était « bien géré, le développement était à la base. Il y avait un premier ministre dans chaque partie du pays. Paul Biya avait signé un texte sur le fédéralisme (Référence à la Constitution de 1996, Ndlr) qui précisait que les gouverneurs devaient être élus, il devrait avoir dix Etats fédérés. Paul Biya avait alors promis la décentralisation. Ça devait être bien. Mais j’ai l’impression qu’il dormait quand il signait le document et qu’il s’est réveillé après l’avoir fait, puisqu’il n’a rien mis en application. Le problème c’est que vous ne voulez pas partager le pouvoir », analyse-t-il.  

 Christian Tumi croit qu’il existe bel et bien problème anglophone. Il explique que même si les problèmes sont les mêmes partout dans le pays celui du Nord-Ouest et du Sud-Ouest a ses spécificités. Selon lui le Cameroun anglophone était déjà considéré comme un pays et se gérait seul, avec son administration, un premier ministre avant le rattachement au Cameroun. Il pense qu’une implémentation effective de la décentralisation aurait gommé tout problème. Surtout ceux qu’il voit se dessiner dans d’autres régions du pays.

Revenant sur les actes de violence perpétrées ici et là Monseigneur Tumi condamne. «On peut pardonner la personne, c’est la passion mais c’est inacceptable. Toute violence est inacceptable. On a coupé la main à une fille qui allait composer. Aucune raison ne peut permettre cela. On peut leur pardonner mais ce n’est pas impunie pénalement ».

Auteur:
Pierre Arnaud NTCHAPDA
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