Cameroun - Crise anglophone: Déjà plus de 200 milliards de FCFA de pertes pour l’économie camerounaise, selon Le Gicam

Par Otric NGON | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 18-Sep-2018 - 13h54   2854                      
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Le marché principal de Bamenda, au Cameroun anglophone, le 15 novembre 2017 AFP/Archives/-
Dans un rapport que vient de produire le Groupement inter-patronal du Cameroun (Le Gicam), il ressort clairement que les opérations de «villes mortes» instituées depuis le début de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ont des conséquences directes sur les activités économiques et les revenus des ménages.

Ces journées caractérisées par la fermeture partielle des commerces, des services et des entreprises s’apparentent selon Le Gicam à des «journées de grève générale et dont l’arrêt de travail de la plupart des activités de production et de commercialisation». Aussi, indique Le Gicam, dont les principaux axes du rapport sont relayés par La Nouvelle Expression du lundi 17 septembre 2018, l’interruption du signal de l’internet en mi-janvier 2017 avait handicapé plusieurs secteurs d’activités. Précisément les établissements bancaires, les compagnies d’assurances, les établissements de commerce et distribution qui se sont retrouvés coupés de leurs bases.

Un autre fait affectant l’économie, ce sont les attaques ciblées sur les structures économiques, avec pour illustration l’enlèvement des employés déployés par les entreprises et dont les réalisations ont été stoppées. De même, les attaques ciblées sur les structures économiques telles que PAMOL, CDC, ont paralysé leurs activités.

D’autre part, mentionne Le Gicam, les intimidations, les rackets, les enlèvements et les assassinats des employés et responsables d’entreprises ont fragilisé la sérénité dans ces structures. L’activité économique est donc en ruine et le tissu économiqye des deux régions qui constituent près de 20% de la production camerounaise s’effondre.

On note ainsi la fermeture de la plupart des unités de production installées dans ces régions, le retrait de la présence commerciale pour les entreprises qui y avaient des agences et autres représentations, la rupture involontaire des contrats avec les partenaires et sous-traitants couvrant lesdites régions.

De manière spécifique, dans le rapport produit par Le Gicam, la filière Café-Cacao a enregistré une perte de 56 milliards de FCFA, soit 20% de recettes d’exploitation. L’agro-industrie, précisément la CDC et PAMOL sont à l’agonie avec plus d’un milliard de biens détruits pour la CDC et 12 milliards de manque à gagner.

Pour les entreprises spécialisées dans les services de l’agriculture, l’on note près de 60% de baisse d’activités. 80% de l’industrie agro-alimentaire dans le Sud-Ouest est désormais inaccessible et 60% dans le Nord-Ouest. Dans le secteur des télécommunications, les équipements détruits sont évalués à 300 millions de FCFA, pour un manque à gagner estimé à plus d’un milliard de FCFA.

Globalement, la crise anglophone a déjà coûté 2.153.192.651 FCFA de destruction de biens immobiliers, de matériels roulants et meubles. Le manque à gagner en termes de chiffre d’affaire est estimé à 269.056.139.065 FCFA dans différents secteurs. En termes d’emplois, les entreprises agro-industrielles sont la cible principale. Le rapport révèle que près de 8.000 emplois relevant du secteur informel sont aujourd’hui menacés et d’ailleurs 6.434 emplois déjà perdus sur les sites en arrêt de production des agro-industries.

Auteur:
Otric NGON
 @OtricNgonCIN
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