Cameroun - Crise anglophone: Des avocats canadiens écrivent à Paul Biya et plaident pour la «libération immédiate» des leaders anglophones

Par Otric NGON | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 09-May-2017 - 16h35   16478                      
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Justice Camerounaise Archives
L’ONG Lawyers’ rights watch Canada demande d’interrompre toutes les procédures en cours au Tribunal militaire de Yaoundé et d’abandonner toutes les charges retenues contre ces derniers.

Un comité d’avocats canadien pour la défense des droits de juristes a saisi le Président de la République Paul Biya sur la crise socio-politique qui perdure dans les Régions camerounaises du Nord-Ouest et  du Sud-Ouest depuis le mois d’octobre 2016.

Dans une correspondance datée du 31 mars,  «Lawyers’ rights watch Canada (LRWC)» dénonce «les arrestations arbitraires, la détention et les procès intentés contre les défenseurs des droits des anglophones». Notamment Nkongho Félix Agbor Balla, Dr Fontem Aforteka’a Neba, Mancho Bibibxy, Justice Paul Aya, Justice Sokem Ngale et Roben Fon, a-t-on appris de source médiatique.

«LRWC s’oppose au pouvoir du droit pénal d’arrêter, de détenir et de poursuivre les juristes éducateurs et les autres membres des communautés anglophones du Cameroun pour avoir exercé leurs droits démocratiques de se réunir et de protester. Le Gouvernement du Cameroun semble utiliser à tort des pouvoirs de droit pénal pour faire taire et punir les principaux membres de la communauté qui s’engagent à réclamer des réformes sur les inégalités de la minorité anglophone du Cameroun pour l’accès à l’éducation, à l’emploi, aux tribunaux et aux recours juridiques , et d’autres services essentiels».

«Lawyers’ rights watch Canada» plaide pour la libération «immédiate» de Nkongho Félix Agbor Balla, Dr Fontem Aforteka’a Neba, Mancho Bibibxy, Justice Paul Aya, Justice Sokem Ngale et Roben Fon. Cette ONG demande d’interrompre toutes les procédures en cours au Tribunal militaire de Yaoundé et d’abandonner toutes les charges retenues contre ces derniers.

De plus, la LRWC exhorte le Chef de l’État et le Premier Ministre à ouvrir une enquête indépendante sur les morts qui ont été enregistrés et l’usage excessif de la violence par les policiers et les forces de l’ordre pendant les manifestations  du 08 décembre  dernier; d’ordonner des poursuites dans un tribunal civil contre toutes les personnes qui seront désignées au terme de l’enquête comme des auteurs présumés de cette violence.

Avant la LRWC, des avocats hollandais avaient écrit à Paul Biya pour la cause. Regroupés au sein de la Lawyers for Lawyers, ils se disaient préoccupés par la récente arrestation de l’avocat Nkongho Felix Agbor Balla, président du Consortium de la société civile anglophone du Cameroun du Cameroun.

Pour eux, «cette arrestation et cette détention ont eu lieu à la suite de manifestations de la part des avocats et d’autres membres de la société civile dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest du Cameroun au sujet de la réforme du droit, manifestations auxquelles la police a fait face avec une force excessive».

La Lawyers for Lawyers s’oppose à cet état de choses. Pour elle, «comme le prévoit la Constitution du Cameroun, le gouvernement a comme devoir, de respecter et de faire respecter la liberté d’expression et d’association, ainsi que les normes internationales en matière de droit de l’homme concernant les avocats».

Auteur:
Otric NGON
 @OtricNgonCIN
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