Cameroun - Crise Anglophone: Human Rights Watch présente un large éventail d’exactions commises par l’armée et les sécessionnistes

Par Peter KUM | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 18-Jan-2019 - 13h20   4761                      
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Some Bamenda Youths Parading WIth Coffin of Comrades Killed During Strike. Wilson MUSA
Les forces gouvernementales et les séparatistes armés ont tué plus de 420 civils dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest depuis 2017 selon l’Organisation Non-Gouvernementale.

Comme chaque année, Human Rights Watch (HRW) publie un rapport annuel sur l’état des lieux des droits humains à travers le monde. Pour son rapport de 2019, publié le 17 janvier, l’organisation internationale parle d’«une tendance mondiale croissante à lutter contre les abus des autocrates qui défraient la chronique » pour résister aux différents courants populistes.

Malgré cet élan d’optimisme, HRW n’a pas manqué de relever toutes sortes de transgressions des droits humais à travers le monde, notamment dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun.

Dans son rapport, Human Rights Watch a documenté un large éventail d’exactions commises par les forces camerounaises et les groupes armés dans les régions en crise, « notamment la mise à feu de maisons et d’écoles ». HRW rapporte que d’après l’International Crisis Group, « les forces gouvernementales et les séparatistes armés ont tué plus de 420 civils dans ces régions depuis l’aggravation de la crise en 2017 ».

Human Rights Watch estime que la liberté d’expression est en situation précaire. Les forces de sécurité gouvernementales font un usage excessif de la force pour réprimer des manifestations publiques. HRW s’appuie en la matière des manifestations du parti de Maurice Kamto et celles du 1er octobre 2017 dans le Nord-Ouest et Sud-Ouest.

 « Équipées de matériel anti-émeute, notamment de boucliers, de casques et de gaz lacrymogène, les forces gouvernementales ont tiré à balles réelles, y compris à partir d’hélicoptères, tuant au moins douze personnes et en blessant des dizaines. Certains individus détenus dans le cadre de ces manifestations ont subi des actes de torture et des mauvais traitements », souligne le rapport.

Enfin, l’Organisation Non-Gouvernementale (ONG) déplore aussi les exactions commises par les séparatistes notamment des attaques visant des étudiants, des enseignants et des écoles.

HRW indique que pour s’assurer du respect du boycott des écoles suite aux manifestations d’enseignants dans les deux régions en crise, « les groupes séparatistes ont attaqué et incendié des dizaines d’écoles, menacé des enseignants, des élèves et des parents, enlevé des  chefs d’établissement et attaqué violemment des enseignants et des élèves ».

Auteur:
Peter KUM
 @mafanypet
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