Cameroun - Crise anglophone - Rapport: Amnesty international dénonce des violences qui touchent principalement les populations civiles

Par Pierre Arnaud NTCHAPDA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 12-Jun-2018 - 12h10   2092                      
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Amnesty International Archives
L’organisation de défense des droits humains basée à Londres fait état d’exactions qui auraient été commises à a fois par les forces armées camerounaises et les combattants séparatistes.

Le dernier rapport d’Amnesty international sur la crise dans les régions anglophones est disponible depuis les premières heures de ce 12 juin 2018. L’organisation de défense des droits humains basée à Londres en Angleterre parle d’une  escalade de la violence caractérisée par des homicides aveugles et des déplacements de grande ampleur. Dans ce rapport intitulé « Une tournure tragique. Violence et atteintes aux droits humains dans les régions anglophones du Cameroun », Amnesty relève que « dans les régions anglophones du Cameroun, la population est prise au piège d’une violence meurtrière ».

Les forces de sécurité sont accusées d’avoir « tué aveuglément, arrêté et torturé des personnes lors d’opérations qui ont fait des milliers de déplacés ». Les séparatistes se voient attribuer la responsabilité de l’attaque de 42 écoles et les meurtres de  44 membres des forces de sécurité. Des attaques qui d’après Amnesty étaient destinées à terroriser la population. Les sécessionnistes sont accusées d’avoir incendié des écoles et agressé des enseignants qui ne participaient pas au boycott des activités qu’ils avaient décrété.

La réaction de l’armée camerounaise aura consisté en des arrestations arbitraires, des actes de torture, des homicides illégaux et des destructions de bâtiments, affirme l'Ong. Amnesty appuie son argumentaire avec des preuves constituées d’images satellites et de photographies. Elle cite l’exemple du village de Kwakwa « entièrement détruit ». Les forces de sécurité l’auraient réduit en cendres à l’issue d’une opération menée en décembre 2017 en lien avec l’homicide de deux gendarmes, qui aurait été commis par des séparatistes armés.

Les forces armées camerounaises sont accusées de torture.  « Les victimes ont déclaré avoir eu les yeux bandés et été battues au moyen de divers objets, notamment de bâtons, de cordes, de fil de fer et de pistolets. Selon leurs dires, elles ont aussi reçu des décharges électriques et été ébouillantées. Certaines ont été rouées de coups jusqu’à perdre connaissance et Amnesty International a établi qu’au moins une personne était morte en détention », lit-on dans le rapport. Aùnesty dit avoir reçu des informations sur de nombreux cas de mort en détention.

« Le 3 février 2018, par exemple, les corps de quatre hommes, qui avaient été arrêtés la veille dans la ville de Belo par les forces de sécurité, ont été retrouvés à la morgue de l’hôpital régional de Bamenda. Ils étaient ensanglantés et portaient des traces de torture ». Amnesty International dénonce les exactions des séparatistes anglophones accusés d’avoir agressé cinq chefs traditionnels à qui ils reprochaient le fait de sympathiser avec le gouvernement camerounais. « Le fait que les séparatistes armés ne cessent de s’en prendre à la population témoigne d’un mépris total à l’égard de la vie humaine et met en lumière la menace qui pèse sur les habitants des régions anglophones, » a déclaré Samira Daoud, une responsable d’Amnesty international.

L’organisation se fonde sur des entretiens approfondis avec plus de 150 victimes et témoins, ainsi que sur des preuves matérielles pour prouver ses dires.  

 

 

 

 

 

 

Auteur:
Pierre Arnaud NTCHAPDA
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