Cameroun - Crise anglophone: Selon le Bâtonnier Me Jackson Francis Ngnié Kamga, «les revendications des avocats anglophones ont été satisfaites»

Par Otric NGON | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 11-Apr-2017 - 18h02   16457                      
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Me Jackson Francis Ngnié Kamga Cameroon Tribune
C’est la raison pour laquelle il a annoncé dimanche dernier dans un communiqué la reprise des activités dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest le 2 mai 2017.

«Sauf circonstances exceptionnelles entre ce jour et le 2 mai 2017, mes confrères reprendront leurs activités professionnelles à cette date. Telle est la décision qu’ils m’ont exprimée, et il appartient au Bâtonnier et au Conseil de l’Ordre de contribuer à ce qu’il en soit ainsi», affirme Me Jackson Francis Ngnié Kamga dans une interview accordée à Cameroon Tribune ce mardi, et reprise ci-dessous:

Monsieur le Bâtonnier, dans le communiqué que vous avez rendu public dimanche 9 avril dernier, vous annonciez que les avocats des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest reprendront les activités le 2 mai prochain. Pourquoi attendre cette date ?

La décision de reprendre les activités des avocats dans ces deux régions à la date du 2 mai 2017 a été prise par un conclave de seniors advocates dans lequel avaient été intégrés des confrères moins anciens. Bien qu’ayant mis sur pied ledit conclave, je n’en faisais pas personnellement partie, pas plus que les membres du Conseil de l’Ordre. Aucune indication ne m’a été donnée sur le choix de cette date, mais compte tenu de ce que les résolutions adoptées par cette instance, qui valent recommandations pour le Bâtonnier et le Conseil de l’Ordre, l’ont été à l’unanimité, ce choix reflète sans doute un consensus dont je me dois de me satisfaire.

Avez-vous toutes les assurances aujourd’hui que le 2 mai 2017 est la bonne date pour le retour effectif de vos confrères dans les prétoires de ces deux régions ?

Si j’étais prédicateur, cela se saurait. Le Conseil de l’Ordre et moi-même sommes allés à la rencontre de nos confrères anglophones dans le cadre d’une démarche sincère et transparente. Ce sont mes confrères de ces deux régions qui m’ont demandé de créer une plateforme unique de concertation pour recueillir la position commune des avocats des deux régions. À l’issue de la réunion du conclave tenue à Bamenda le 1er avril 2017, de nouvelles exigences avaient été formulées par mes confrères qui en avaient fait des préalables à tout mot d’ordre de levée ou de suspension de la grève. Ces préalables n’ont pas été réitérés lors de la réunion du conclave du 08 avril 2017 à Buea. L’absence de tout préalable signifie de mon point de vue que dans tous les cas, mes confrères reprendront le travail le 2 mai 2017 dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Lorsque je dis dans tous les cas, je me situe nécessairement dans l’hypothèse où dans l’intervalle, des actes du gouvernement ne seraient pas susceptibles de crisper de nouveau la situation. Nous sommes, j’en suis convaincu, fort éloignés de cette occurrence. Sauf circonstances exceptionnelles entre ce jour et le 2 mai 2017, mes confrères reprendront leurs activités professionnelles à cette date. Telle est la décision qu’ils m’ont exprimée, et il appartient au Bâtonnier et au Conseil de l’Ordre de contribuer à ce qu’il en soit ainsi.

On constate tout de même que c’est l’ensemble des revendications formulées par les avocats qui ont été prises en compte par le gouvernement lors du point de presse du Garde des Sceaux le 30 mars dernier et que les autres membres du gouvernement à l’instar du ministre de la Fonction publique commencent à implémenter. Quelle a été la réaction de vos confrères des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest à ces mesures ?

Je vous fais remarquer que les deux réunions du conclave à Bamenda le 1er avril 2017, puis à Buea le 8 avril 2017 se sont tenues après la conférence de presse organisée par le Garde des Sceaux le 30 mars 2017. La décision de ce conclave de reprendre le travail sans préalable, démontre à suffire, non pas que toutes les revendications des avocats anglophones ont été satisfaites, mais qu’il a pris en compte les réponses positives du gouvernement aux recommandations formulées par le Comité ad hoc à l'issue de la réunion présidée par le ministre délégué auprès du ministre de la Justice les 27 et 28 décembre 2016 à Yaoundé, ainsi que la création, par le ministre de la Fonction publique, d’un comité ad hoc chargé d’organiser le recrutement spécial d’auditeurs de justice et de greffiers de culture anglophone. Même en dehors des membres du conclave, j’ai reçu, après la conférence de presse du ministre d’Etat Laurent Esso, de nombreux appels de confrères anglophones m’exprimant leur satisfaction pour les mesures annoncées.

Au-delà de ces mesures, le Barreau dans le communiqué que vous avez signé dimanche semble poser d’autres préalables. S’agit-il de conditions indiscutables ou alors ces sujets peuvent être abordés au cours du dialogue que vous poursuivez avec le gouvernement?

Le conclave n’a posé aucun préalable à la reprise du travail, et je ne vois pas à quel titre j’en aurais posé. Le Barreau n’a posé aucun préalable dans le communiqué que j’ai rendu public le 9 avril dernier. J’ai en revanche indiqué que dans la période qui nous sépare du 2 mai 2017, j’entreprendrai des missions en direction des chefs de juridictions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest, pour discuter avec eux des modalités concrètes de cette reprise. Il ne s’agit pas de préalables comme vous l’avez perçu, mais davantage de modalités pratiques de la reprise. En tout état de cause, je ne doute pas de la sincérité de mes confrères et de leur volonté de reprendre le travail, pendant que je poursuis les démarches en vue de l’implémentation effective des recommandations du comité ad hoc, et de la libération de mes deux confrères actuellement détenus à Yaoundé.

Vous parlez de deux confrères détenus. Nous pensions qu’il y’en avait trois. Qu’est-il advenu du troisième ?

Le troisième confrère qui avait été interpellé à Bamenda, puis transféré à Yaoundé dans le cadre d’investigations préliminaires, a été élargi à la suite de son audition. À l’occasion de la visite que je lui avais rendue au SED, et de mon entretien avec le colonel en charge de l’enquête le concernant, j’avais plaidé pour sa remise en liberté, et je me réjouis de ce qu’il n’ait pas été poursuivi devant le Tribunal militaire.

Auteur:
Otric NGON
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