Cameroun – Crise anglophone: Selon Mediapart, , la France a continué à fournir des armes de pointe au Gouvernement camerounais ces dernières années, tout en appelant à l'arrêt des violences

Par Claude Paul TJEG | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 20-Sep-2019 - 16h09   10361                      
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Soldats du BIR Archives
Selon ce site français d’information indépendant, depuis le déclenchement de la crise anglophone en 2016, la France a livré de nombreuses armes de haute qualité au Cameroun. Des transactions qui étaient pour certaines, financées par les États-Unis.

La France joue-elle à un double jeu? Cette question, tout camerounais raisonnable se la poserait après la lecture de l’enquête intitulée «Frencharms, menée conjointement par le site d’information indépendant Mediapart, la chaîne de télévision Arte, Radio France, le média néerlandais Lighthouse Reports et le nouveau site d’investigation français Disclose. Une enquête relative aux supposées exactions commises par le Bataillon d’intervention Rapide (BIR) dans les Régions anglophones du Nord-ouest et Sud-ouest en proie à une crise indépendantiste. Mais également sur la provenance des armes utilisées par ce corps de soldats d’élites camerounais pour mater la rébellion.

 

A en croire Médiapart, des véhicules militaires «Bastion» (équipée d'une mitailleuse lourde de 12,7 mm avec 3 autres mitrailleuses de 7,62 mm) de fabrication française, sortis des chaînes d’assemblage de la société Arquus sont utilisées par le BIR dans le Nord-ouest et le Sud-ouest. L’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm qui publie chaque année des bases de données sur les ventes d’armes a révélé que, ces dernières années, la France a vendu 23 «Bastion» au Gouvernement camerounais. Selon Mediapart, «l’achat pour le compte des autorités camerounaises a été financé par le Département de la défense des Etats-Unis, dans le cadre de programmes de coopération militaire et sécuritaire, depuis suspendus en réaction aux allégations de violation des droits humains». Néanmoins, les livraisons quant à elles, ont eu lieu entre 2015 et 2016, confirme le site du Traité sur le commerce des armes (ATT).

 

Joint au téléphone par nos confrères, la Société Arquus et le Quai d’Orsay ont opté pour la loi de l’omerta. Seul le Conseil des industries de défense française (CIDEF) s’est exprimé. A en croire cette institution «Les professionnels du secteur de l’armement n’opèrent pas sans autorisation préalable délivrée par une commission interministérielle placée auprès du Premier ministre».

 

L’enquête menée par les différents médias susmentionnés est ponctuée par un listing des exactions effroyables, supposées commises par le BIR dans les régions anglophones, avec cet armement de pointe livré à l’armée camerounaise par les français. Ce qui, selon nos confrères, embarrasse au plus haut point le Gouvernement français qui a recemment acclamé l'initiative de dialogue annoncée par Paul Biya.

 

 

 

Auteur:
Claude Paul TJEG
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