Cameroun - Crise anglophone/David Abouem A Tchoyi (Ancien gouverneur du Nord-Ouest et du Sud-Ouest): «Discutons de la sécession. Le fait d’en discuter ne veut pas dire que nous l’acceptons»

Par Yannick A. KENNE | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 07-Oct-2020 - 09h53   9236                      
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David Abouem A Tchoyi Capture d'écran
L’administrateur civil à la retraite et membre de la Commission Nationale pour la Promotion du Bilinguisme et du Multiculturalisme pense qu’aucune question ne devrait être taboue, y compris celle relative à la forme de l’Etat, dans le processus de résolution du conflit au Nord-Ouest et au Sud-Ouest.

Invité de l’émission «C Politik» sur la télévision nationale, Cameroon Radio Television (CRTV), le mardi 6 octobre 2020, l’ancien gouverneur des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, David Abouem A Tchoyi, est resté constant dans les positions qu’il défend depuis le déclenchement du conflit armé dans les deux régions. Le membre de la Commission Nationale pour la Promotion du Bilinguisme et du Multiculturalisme (CNPBM) a toujours été favorable à un dialogue approfondie entre l’Etat et les partisans de la sécession, et pense que la question de la séparation ne devrait pas être éludée dans les échanges. Pour lui, seule la force des arguments et la capacité de persuasion devraient prévaloir pour tenter de faire entendre raison aux adeptes de la division.

«Discutons de la sécession. Le fait d’en discuter ne veut pas dire que nous l’acceptons. Nous pouvons en discuter pour montrer qu’elle n’est pas possible, et pourquoi elle n’est pas possible. Pourquoi nous avons peur de la sécession. C’est comme à un moment donné, on disait qu’il ne faut pas parler du fédéralisme. On peut parler du fédéralisme, de la sécession… autour d’une table. On peut parvenir, pas avec tout le monde, mais avec la majorité, à un consensus sur un certain nombre de points importants», argumente-t-il.

Il pense que l’Etat doit plus que jamais emboucher la trompette de la réconciliation, accepter des concessions, et ne pas se lasser de courtiser ses «fils» même s’ils ont choisi d’évoluer en marge de la République. «Ce qui nous reste à faire est un travail endogène. C’est nous qui devons réfléchir et voir comment tendre la main, discuter avec ces gens. Il y en a qui la refuseront, c’est sûr. Mais, ce n’est pas parce que deux personnes ont refusé ma main que les dix autres qui ont accepté de la prendre vont être assimilés à ces deux», ajoute l’ancien ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique.

David Abouem A Tchoyi estime qu’à l’état actuel des choses, la parabole du berger et ses brebis, tirée des saintes écritures, serait salvatrice pour la résolution du conflit. Pour lui, le berger doit aller à la recherche de la 100ième brebis égarée même s’il est encore en possession des 99 autres.

Auteur:
Yannick A. KENNE
 @yanickken39
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