Cameroun - Crise anglophone/La CDC au bord du gouffre, son directeur général Ngoni Njie crie au secours: «Nous avons besoin de sécurité pour protéger nos employés et nos champs des attaques»

Par Fred BIHINA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 22-Jan-2019 - 13h29   3053                      
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Une plantation de la Cameroon Development Corporation BBC
La direction générale de la Cameroon Development Corporation (CDC) craint de devoir mettre la clé sous le paillasson, à cause des attaques répétées des combattants séparatistes.

Le premier employeur privé au Cameroun vit un marasme économique sans précédent. La direction générale de la Cameroon Development Corporation (CDC), n’exclut pas une cessation d’activités si la situation venait à perdurer. En raison des attaques à répétition des combattants séparatistes qui sévissent dans la région du Sud-Ouest, les 3 000 hectares de plantations de l’entreprise agro-industrielle, ont été abandonnées par les employés.

Employés et plantations de la CDC sont en effet victimes d’agressions répétées depuis le déclenchement de la crise anglophone. La dernière attaque remonte au 2 janvier 2019. Ce jour-là, des assaillants ont fait irruption au campement de Sonne Likomba Rubber Estata à Tiko. Le quotidien privé Le Messager paru le 8 janvier 2019, rapporte que «deux employés ont vu leurs pousses amputés; un a vu mutilés ses quatre doigts, un autre, une lacération profonde aux pieds et deux autres grièvement blessés».

Cette désertion n’est pas sans conséquence sur l’économie. En 2018, la CDC n’a fait aucune exportation de banane. Une situation qui a provoqué une baisse de près de 15 000 tonnes sur les exportations de bananes au Cameroun. Le directeur général de la CDC était face à la presse le 18 janvier 2019 à Bota-Limbe, au siège de l’entreprise.

Franklin Ngoni Njie a lancé un cri de cœur: «Nous avons besoin de sécurité pour protéger nos employés et nos champs des attaques répétées des gens qui ne veulent pas nous voir réussir. Des personnes indésirables ont envahi nos plantations et récoltent ce qu’ils n’ont pas semé. Nous avons besoin d’une intervention urgente du gouvernement», a-t-il lancé

Dans un rapport présenté en fin d’année 2018, le Groupement Interpatronal du Cameroun (GICAM), estime à 12 milliards de FCFA, les pertes enregistrées par la société, depuis le déclenchement de la crise anglophone en octobre 2016. Pour redresser la barre la CDC sollicite un financement de de 29 milliards de FCFA. «7 milliards sont nécessaires dans le secteur de l’hévéa, 14 milliards pour les bananeraies, 7 milliards pour les palmeraies. Le reste devrait servir à financer les arriérés de salaires», explique Ngoni Njie.

Fred BIHINA

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Fred BIHINA
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