Cameroun - Cyrille Serge Atonfack (porte-parole de l’armée) à propos des tueries de Kumba: «un coup d’épée dans l’eau» des sécessionnistes

Par Yannick A. KENNE | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 06-Nov-2020 - 19h09   12115                      
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Colonel Cyrille Atonfack capture d'écran
Le Chef de la division de la Communication du ministère de la Défense pense qu’il ne faut pas accorder assez de crédit aux agissements des rebelles séparatistes contre l’éducation car, la barbarie de ces hommes sans foi ni loi ne saurait triompher sur la science.

L’armée garde le moral haut malgré tout. L’horreur provoqué par les rebelles sécessionnistes présumés au Mother Francisca International Bilingual Academy de Kumba (Sud-ouest) le samedi 24 octobre 2020, a ébranlé le monde entier. Soit ! Mais pour les forces de défense et de sécurité camerounaises, il n’est surtout pas question de prêter le flanc et conforter les séparatistes dans leur entreprise obscure et inhumaine en cédant à la peur.

Le porte-parole de l’armée, le capitaine de frégate, Cyrille Serge Atonfack Guemo, dans une chronique publiée dans le quotidien Le Jour de ce vendredi 6 novembre 2020, croit qu’au-delà de tout, il faut plutôt exalter le triomphe de la science qui prévaudra vaille que vaille sur l’ignominie sanguinaire de ces terroristes.

 

Voici la chronique intégrale du colonel Cyrille Serge Atonfack :

En envahissant les salles de classes d’une école primaire à Kumba le samedi 24 octobre courant, peut-être que les inquisiteurs de l’obscurantisme espéraient porter un coup d’arrêt définitif à la dynamique éclairante de la science ? En s’attaquant au fusil et à la machette à d’inoffensifs écoliers dont pas moins de 7 perdront la vie sur le champ, peut-être leurs assassins s’imaginaient-ils d’enfin parvenir à éteindre en ces jeunes adeptes de l’élévation intellectuelle et spirituelle, la flamme nourricière de la connaissance ? Peine perdue. Juste un coup d’épée dans l’eau, qui nullement n’entravera le cours impétueux de l’épanouissement de notre jeunesse par la science.

Et parce qu’ils savent leur cause sans lendemains, nos ennemis se sentent perdus. Aussi sont-ils prêts à toutes les inhumanités, à toutes les néantisations, quitte à invoquer sur l’avenir de notre Nation, les foudres de l’Armageddon. C’est alors que, sans le moindre scrupule, les acteurs de la grandeur future du Cameroun sont sacrifiés sur l’autel de la désillusion, par des spectres enivrés de sauvagerie.

Mais, par les armes mêmes dont ils se sont servis pour une fois encore attenter à l’universelle éducation, les éventreurs de nos enfants ont signé une autre de leurs plus cinglantes défaites. En effet, jamais la soif de connaissance, jamais le désir de curiosité, jamais l’infantile détermination n’auront été aussi grands, aussi irrésistibles. Jamais les carillons de l’école n’auront sonné si fort, si clair. Jamais rien ni personne n’empêchera nos enfants, notre jeunesse, de s’élancer avec hardiesse sur les sentiers de la lumière.

L’infanticide massif de Kumba a bouleversé jusqu’au de-là de nos frontières, quand bien même au milieu de l’émoi suscité par cette inqualifiable horreur, l’on perçoit des indignations hypocrites, des déclarations ambigües, car de longtemps laudatrices des menées terroristes, et qui aujourd’hui encore, jettent une ombre de doute sur la responsabilité du carnage, dans une secrète jouissance du pogrom subi par l’infantile innocence.

Plongées qu’elles sont dans les abysses de la perpétuelle infamie, qui jamais démontrera à ces consciences réfractaires à la vérité, la vacuité de leurs ignominieuses postures ? Qui jamais dira à ces apostats de la Patrie, la vanité de l’ambition qu’ils nourrissent de démembrer notre cher et beau pays ? Et plutôt que de nous briser le coeur, plutôt que de nous mettre en débandade, le sang répandu de nos enfants sera le ciment de notre cohésion, la source intarissable de notre infinie résilience.

Plutôt que de nous affaiblir, les coups redoublés de ces âmes vendues au diable alimenteront la force de nos bras. Et de la douleur communément ressentie, nous ferons la motivation qui nous portera jusqu’à la victoire finale de la connaissance sur l’ignorance, de la fraternité sur l’ostracisme, la victoire de la paix sur les démons de la haine.

Dans la tourmente le Cameroun restera debout. Dans l’adversité notre pays avancera. Riche de sa diversité et maître de sa destinée, jamais le peuple camerounais ne ploiera le genou, ni ne baissera la tête devant les velléités d’enténèbrement de nos intelligences, devant les manoeuvres de déshumanisation de notre personnalité.

Faisant corps avec la congénitale aspiration infantile au savoir, l’école ne s’est point arrêtée, elle ne s’arrêtera pas ! L’école ne reculera pas, l’école ne mourra pas ! Partout sur le territoire du Cameroun, l’école, cette édifiante fontaine de sapience, continuera d’alimenter de ses précieux rudiments, l’énergie vitale d’une jeunesse inexorablement attirée vers les pinacles.

A l’encre indélébile, le nom de nos enfants péris sur le chemin de l’universelle école sera inscrit au panthéon de la mémoire intergénérationnelle. Par la plume et le parchemin, notre jeunesse s’élèvera, chaque jour plus savante, chaque jour plus conquérante.

 

Auteur:
Yannick A. KENNE
 @yanickken39
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