Cameroun - Dialogue National de septembre 2019: Après la sécession, le président Paul Biya ferme la porte au fédéralisme

Par Béatrice KAZE | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 11-Sep-2019 - 11h53   2870                      
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Paul Biya s'adresse a la Nation - 10/09/2019 P.R.C.
Dans son discours prononcé ce 10 septembre 2019, le chef de l’Etat a énuméré les thèmes qui seront abordés lors du dialogue national prévu à la fin de ce mois de septembre 2019.

Trois ans après la grave crise sociopolitique qui ébranle les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, le président Paul Biya a tenu ce 10 septembre 2019, un discours exclusivement consacré à la situation dans ces deux régions.

Il a  enfin annoncé la tenue d’un dialogue national à la fin de ce mois de septembre 2019. Une consultation qui visera à trouver des solutions définitives à cette crise qui a déjà fait plus de 2000 morts, selon des Organisations Internationales et la société civile camerounaise.

Selon Paul Biya, «ce  grand dialogue national qui nous permettra, dans le cadre de notre Constitution, d’examiner les voies et moyens de répondre aux aspirations profondes des populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, mais aussi de toutes les autres composantes de notre Nation».

Il s’articulera également autour de thèmes susceptibles d’apporter des réponses aux préoccupations des populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, ainsi qu’à celles des autres régions de notre pays: «le bilinguisme, la diversité culturelle et la cohésion sociale, la reconstruction et le développement des zones touchées par le conflit, le retour des réfugiés et des personnes déplacées, le système éducatif et judiciaire, la décentralisation et le développement local, la démobilisation et la réinsertion des ex-combattants, le rôle de la diaspora dans le développement du pays, etc», a-t-il indiqué.

Si on s’en tient à cette sortie du chef de l’Etat, il ne sera donc pas question de parler de fédéralisme au cours de cette consultation. Et pourtant, des leaders religieux tels que le cardinal Christian Tumi, des acteurs politiques et de la société civile étaient favorables à un débat sur la forme de l’Etat et particulièrement à un retour au fédéralisme.

Lors de sa  toute première tournée dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest au mois de mai 2019, le Premier Ministre, Joseph Dion Ngute, avait pourtant indiqué que le président était prêt à «discuter de tous les sujets, sauf celui lié à la sécession du pays».

Mais quelques jours plus tard, dans une interview accordée à France 24, le ministre de l’Administration Territoriale, Paul Atanga Nji, avait alors soutenu que «la forme de l’Etat était non négociable». Tout laisse  donc à croire que, c’est l’option d’une «décentralisation effective» qui est privilégiée.

Auteur:
Béatrice KAZE
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