Cameroun - Droits humains: En 2020, voici les exactions des groupes armés au Cameroun (Amnesty International)

Par Fred BIHINA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 08-Apr-2021 - 08h54   2303                      
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Des combattants séparatistes archives
Dans son rapport 2020, rendu public le 7 avril 2021, l’ONG répertorie des dizaines de cas de violences perpétrées sur des civils par des séparatistes et membres du groupe terroriste Boko Haram.

Au Cameroun, les autorités fustigent souvent le travail effectué par des ONG internationales, les accusant de parti pris. Yaoundé met en avant le fait que dans la plupart des cas, les rapports commis par ces organisations pointent essentiellement les cas d’abus des autorités et autres forces de sécurité, oubliant de souligner ceux perpétrés par les groupes armés.

Pourtant, dans son rapport sur la situation des droits de l’Homme en 2020, Amnesty International mentionne des exactions mises à l’actif des groupes armés séparatistes au Nord-Ouest et au Sud-Ouest et par les membres de Boko Haram dans la région de l’Extrême-Nord. Le document revient notamment sur des cas d’abus rendus publics au cours des douze derniers mois, qui ont très souvent choqué l’opinion nationale et internationale.

Le cas de l’attaque en octobre d’une école à Kumba (Sud-Ouest), qui avait coûté la vie à au moins 8 élèves. Le cas aussi de la décapitation en août, d’une jeune femme à Muyuka toujours au Sud-Ouest, et dont les images de l’horrible crime avaient été diffusées sur la toile.

Dans la région de l’Extrême-Nord, Boko Haram est resté très actif, malgré l’action des forces de sécurité. «Selon les données collectées auprès des organismes de l’ONU, des médias et d’autres organisations, au moins 312 civils, dont des enfants de seulement 10 ans, ont été tués dans au moins 412 attaques entre janvier et décembre», lit-on dans le rapport.

Cameroon-Info.Net vous propose l’extrait du rapport lié à ces crimes

EXACTIONS PERPÉTRÉES PAR DES GROUPES ARMÉS

Des groupes armés séparatistes anglophones ont continué de commettre de graves atteintes aux droits humains, prenant pour cible des personnes perçues comme sympathisantes du gouvernement dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Un jeune homme a été tué et son père blessé le 15 janvier près de Bamenda, dans la région du Nord-Ouest, alors qu’ils tentaient d’éviter un poste de contrôle tenu par des séparatistes armés. Le 30 janvier, quatre personnes employées par une organisation humanitaire ont été enlevées par un groupe armé séparatiste, qui les accusait de travailler pour le gouvernement. Elles ont été libérées le lendemain. Selon l’organisation pour laquelle elles travaillaient, trois d’entre elles ont été frappées et soumises à des tortures

Le 7 août, un travailleur humanitaire a été enlevé à son domicile, dans la commune de Batibo, par des assaillants non identifiés; il a ensuite été tué. Trois jours plus tard, des hommes armés ont tué un enseignant dans le quartier de Nkwen, à Bamenda, et ont jeté son corps dans un cours d’eau. Le 11 août, le cadavre d’une femme de 35 ans, Confort Tumassang, a été découvert sur une route de Muyuka, commune de la région du Sud-Ouest. Elle avait été décapitée par ses agresseurs, probablement des séparatistes. Ceux-ci ont diffusé une vidéo de son exécution sur les réseaux sociaux, dans laquelle ils l’accusaient de complicité avec les forces de sécurité.

Au moins huit élèves ont été tués et plusieurs autres blessés lors d’une attaque contre une école le 24 octobre dans la ville de Kumba, dans le département de la Mémé (région du Sud-Ouest). Les autorités ont accusé des séparatistes armés.

Parallèlement, dans le contexte du conflit en cours dans la région de l’Extrême-Nord, des groupes armés liés à Boko Haram ont mené des centaines d’attaques, se rendant coupables de graves atteintes aux droits humains, dont certaines constituaient des crimes de guerre. Selon les données collectées auprès des organismes de l’ONU, des médias et d’autres organisations, au moins 312 civils, dont des enfants de seulement 10 ans, ont été tués dans au moins 412 attaques entre janvier et décembre. Des personnes déplacées à l’intérieur du pays ont été prises pour cible. En août, au moins 18 d’entre elles ont été tuées et 11 blessées par un engin explosif lancé par des assaillants dans le camp de fortune où elles dormaient, près du village de Nguetchéwé. Environ 800 personnes déplacées avaient trouvé refuge dans cette zone.

En septembre, selon le HCR, un attentat-suicide à l’explosif a fait sept morts et 14 blessés à Koyapé, un village qui accueillait des personnes déplacées. Toujours dans la région de l’Extrême-Nord, entre janvier et décembre, au moins124 personnes, principalement des femmes et des enfants, avaient été enlevées par des groupes armés liés à Boko Haram.

Auteur:
Fred BIHINA
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