Cameroun - Dynastie: De Ndoumbe Lobè à René Manga Bell

Par | Le Messager
- 09-Nov-2012 - 08h30   54894                      
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La disparition du prince René va poser un problème de succession. Mais la sagesse proverbiale des Bell va surmonter cette difficulté, dans le cas ou les uns et les autres pourraient s’entendre sur l’héritier du Trône. En attendant, voici en raccourci, la dynastie des Bell qui sur le plan large se confond avec l’arrivée des Ewalè sur les Berges du Wouri.
La disparition du prince René va poser un problème de succession. Mais la sagesse proverbiale des Bell va surmonter cette difficulté, dans le cas ou les uns et les autres pourraient s’entendre sur l’héritier du Trône. En attendant, voici en raccourci, la dynastie des Bell qui sur le plan large se confond avec l’arrivée des Ewalè sur les Berges du Wouri. En 1897, Ndoumbe Lobe meurt. Lui succède le roi Auguste Manga Ndumbè, 5ème de la dynastie fondée en 1792.Il régna de 1897 à 1908, sous le protectorat allemand. En 1908, suite à la mort de son père, Rudolf Duala Manga Bell né en 1872 est intronisé chef supérieur du clan des Bell qui regroupe les Bonamandone, Bonapriso, Bonadoumbe, tous propriétaires et habitants du plateau Joss à Douala. Condamné à mort, il sera pendu le 8 août 1914 dans la cour du commissariat de police de Bonanjo. Devait lui succéder Alexandre Douala Manga Bell, fils né le 3 décembre 1897 à Douala et décédé le 19 septembre 1966 à Douala. Député du Cameroun de 1946 à 1958, Il a été Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale constituante (Cameroun). Contrairement à ce qu’on croit, Alexandre n’est pas monté au trône des Bell. Après son cursus secondaire, il poursuit des études supérieures en Allemagne, où il est surpris et bloqué par le déclenchement de la guerre. Revenu au Cameroun après la fin des hostilités, il y retrouve la traditionnelle position prépondérante de sa famille, dont il est le fils aîné. Cependant, les difficultés concernant les indemnités d'expropriation soulevées à l'encontre de l'administration allemande se poursuivent avec l'administration française, contre laquelle Alexandre Douala Manga Bell est engagé dans plusieurs longs procès. Etabli comme propriétaire planteur, il épouse, en 1921, une jeune fille originaire de Cuba. Le jeune couple séjourne alors un temps en France, mais, après trois ans de vie commune, le ménage se sépare, Alexandre Douala Manga Bell rentrant au Cameroun tandis que sa jeune femme reste à Paris avec leurs deux enfants en bas âge. Il est rejoint en 1942 au Cameroun par son fils, José Manga Emmanuel. Cette période est cependant marquée par un très grave drame personnel : une procédure de divorce a en effet été engagée entre Alexandre Douala Manga Bell et son épouse. Le député s'oppose dès lors de plus en plus violemment à son fils, qui semble mener à Paris " une vie désordonnée " et a des besoins d'argent de plus en plus impérieux. " Las de répondre des dettes contractées dans les auberges et les milieux louches, Alexandre Douala Manga Bell décide de rompre toutes relations avec son fils, auquel il interdit formellement l'accès de la maison paternelle. Celui-ci s'y présentera pourtant, et les heurts violents reprennent entre les deux hommes jusqu'à ce que, dans la nuit du 15 septembre 1947, Alexandre Douala Manga Bell abatte son fils de deux coups de fusil. Son frère Eithel Douala Manga Bell, père du prince René Bell refuse de prendre les rênes du Canton, c’est alors que le Prince Alexandre désigna son neveu le prince René Manga Bell. Le Prince René Douala Manga Bell, né en 1927, est monté au trône à Douala en 1966 après avoir combattu au Vietnam dans l’armée française de 1950 à 1953 et collaboré à Paris à la Radio Télévision Française, à Présence africaine, à Eclair Journal entre autres. Son autorité morale est incontestable et il est respecté de tous les cercles, du fait de sa droiture. Le Prince René Douala Manga Bell, grand défenseur des plus faibles et de la communauté Sawa, dont il a été l’un des derniers remparts, a incarné pendant plusieurs années le Ngondo, puisqu’il en a été président général plusieurs fois, jusqu’en 2010. Edouard Kingue Dernier discours de Son Altesse royale René Bell (Tet’Ekombo 2012) Au cours de cette commémoration, je voudrais avec vous, engager l’ambitieux chantier du centième anniversaire en 2014 de la pendaison de Rudolf Douala Manga Bell, dont la mémoire appartient à la nation entière, voire à l’ensemble du continent africain. Avant de conférer toute son ampleur à la célébration de cet épisode si emblématique de l’histoire de notre pays, car fondateur de la conscience nationale et de l’unité de la patrie, des réalisations et des manifestations d’envergure nationale et internationale envisagées. Vu mon état de santé et mon âge avancé-je viens de fêter mon 85è anniversaire-, je ne brise aucun secret en affirmant qu’il s’agit là, sans doute, du dernier acte que je peux positivement poser pour les jeunes générations, en prônant les valeurs d’engagement et d’abnégation qui caractérisent le sacrifice du roi martyr et de ses compagnons de lutte. J’ose croire en votre disponibilité pour accueillir cette proposition et lui accorder la résonnance positive souhaitée, afin qu’ensemble nous puissions émerger des divisions, de la méfiance les uns des autres, de toute forme de corruption. Alors nous serons les dignes fils de ceux qui les premiers, ont compris l’unité de notre pays. SAR le Prince rené Doula Manga Bell Etame KOUOH
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