Cameroun - Education: Des enseignants refusent de rejoindre leurs postes d’affectation dans l’Extrême-Nord

Par Josiane Rose NDANGUE | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 09-Feb-2018 - 12h43   4112                      
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Un enseignant dans une salle de classe Archives
Ils redoutent l’insécurité et l’enclavement de la zone.

Au Cameroun, il est fréquent de suivre des communiqués-radios dans lesquels des chefs d’établissements scolaires appellent des enseignants à bien vouloir regagner leur poste d’affectation, faute de quoi ils seront sanctionnés. Dans les Régions camerounaises comme celle de l’Extrême-Nord, des élèves sont de plus en plus privés d’instituteurs. Parfois il arrive que les enseignants attendus ne se présentent jamais dans les écoles. Quand bien même ils s’y rendent, après ils désertent les lieux. A en croire notre confrère Mutations du 8 février 2018, la situation devient alarmante à l’Extrême-Nord.

Zanadi Teleyam Directeur de l’école publique de Mayel-Naoudé dans l’arrondissement de Gazawa qui dénonce le phénomène dans les colonnes de notre confrère, souligne que c’est la qualité de l’enseignement qui va en pâtir. «Les enseignants ont refusé d’enseigner ici à cause de l’éloignement du village. Pis encore, avec l’insécurité liée à Boko Haram depuis 2013 qui a conduit à la fermeture de plus d’une centaine d’écoles, aucun enseignant affecté ne vient ne serait-ce que pour prendre service. Je suis seul avec deux bénévoles et nous cumulons les classes pour encadrer ces nombreux élèves», explique-t-il.

Outre les raisons d’insécurité et de l’enclavement de la zone évoquées par les enseignants pour justifier leur refus de venir travailler dans ces coins, ceux-ci parlent d’un manque d’élèves dans les salles de classe. «Ces écoles sont situées dans les zones frontalières ou enclavées, où il n’y a pas de lumière. Sachant qu’en journée on est au travail, comment allons-nous préparer les cours le soir ? On n’a pas la possibilité de faire des recherches et des vérifications supplémentaires sur internet. A quel moment les élèves vont aussi réviser les cours ? Bien plus les enfants et les parents n’aiment pas l’école et les salles sont vides», justifie un enseignant.  

Il y aussi que dans l’imagerie populaire être affecté dans les Régions septentrionales paraît comme une mesure disciplinaire.  

 

 

 

Auteur:
Josiane Rose NDANGUE
 @ljndangueCIN
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