Cameroun - Finances: 4 900 milliards de prêts dorment dans les tiroirs

Par Géraldine IVAHA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 11-Oct-2017 - 02h34   4224                      
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Caisse Autonome d'Amortissement du Cameroun Archives
Selon la CAA, ces fonds, en progression de 1 600 milliards sur un an, sont oisifs à cause de l’absence de maturation des projets, de la non-maîtrise des procédures nationales et celles des bailleurs de fonds, des lenteurs d’expropriation et d’indemnisation.

Paru ce 10 octobre 2017, Le Quotidien de l’Economie relève qu’une grosse somme d’argent issu des emprunts extérieurs du Cameroun est oisive dans les livres de la Caisse autonome d’amortissement (CAA).

L’évaluation faite par cet organisme en charge de la dette publique du pays indique un montant de plus de 4900 milliards de FCFA à fin juin 2017. Ces Soldes Engagés Non Décaissés sur emprunts extérieurs (SEND’s) sont en augmentation de 28,5% en glissement trimestriel. Ils sont disponibles à hauteur de 44,6% auprès des bailleurs de fonds multilatéraux, 42,7% auprès des bilatéraux, et 12,7% auprès des commerciaux.

LQE indique que chez les bailleurs de fonds multilatéraux (Union européenne, le Club de Paris…), ces SEND’s sont en augmentation de 71,1% en glissement trimestriel et 91,8% en glissement annuel (effet nouveaux engagements et entrée sous-programme avec le FMI). Chez les bilatéraux (Chine, France, Allemagne, etc.), les SEND’s sont en augmentation respective de 10,4% et 24,5% en glissement trimestriel et annuel.

Ils sont à décaisser principalement auprès de la Chine pour 71,1%, soit 30,4% des SEND’s totaux. Quant aux commerciaux les SEND’s sont en diminution de 2,8% en glissement trimestriel et en augmentation de 78,2% en glissement annuel. « En somme, l’évolution/l’augmentation des SEND’s d’un trimestre à l’autre ne devrait pas a priori, être un obstacle si les décaissements prévisionnels deviennent effectifs, et sont absorbés à bonne date, suivant le calendrier d’exécution des projets », explique la CAA. Qui constate malheureusement que certains SEND’s ont des durées de vie très élevées qui vont au-delà de la période acceptable, pour contribuer à leur juste valeur à la croissance économique. « Cette situation interpelle aussi bien les bailleurs de fonds que les gestionnaires des projets, pour la recherche des solutions appropriées à l’accélération desdits décaissements », écrit la CAA. Au besoin, les responsabilités devront être dégagées pour l’annulation ou la réorientation des financements attendus vers des projets à besoin de financement et porteurs de croissance.

La Caisse autonome d’amortissement note tout de même qu’il n’est pas superflu de relever que les autorités camerounaises font de l’accélération des décaissements des SEND’s une préoccupation majeure puisqu’ils font l’objet d’un suivi mensuel. Aussi, révèle la CAA, plusieurs analyses sont en cours dans les administrations compétentes en vue de formuler des recommandations visant à l’absorption rapide et efficace des soldes engagés non décaissés sur emprunts extérieurs.

De manière générale, indique la CAA, les causes d’accumulation des SEND’s incluent l’absence de maturation des projets, le déficit et/ou faible capacité en ressources humaines des Unités de Gestion des Projets, la non maîtrise des procédures nationales et celles des bailleurs de fonds par les porteurs des projets, les lenteurs administratives, notamment dans les procédures d’expropriation et d’indemnisation. Bien plus, note la Caisse autonome d’amortissement, il y a la lenteur dans la passation des marchés, la mobilisation difficile des Fonds de contrepartie, les difficultés de réalisation des conditions de mises en vigueur dans les délais. Sans omettre la faiblesse de suivi de l’exécution des différents projets et d’un mécanisme de sanction en cas de non atteinte des objectifs fixés.

Auteur:
Géraldine IVAHA
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