Cameroun - Fonctions électives: Comment les peuples autochtones sont marginalisés

Par Jean-Marie NKOUSSA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 10-Aug-2017 - 12h32   970                      
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Les pygmees Selcen K./Atlas
Très peu de ressortissants des peuples autochtones ont accès aux fonctions électives. Une vraie préoccupation alors la communauté internationale a célébré mercredi le 10è anniversaire de la Déclaration sur leurs droits.

Le Cameroun réalise des avancées concernant l’insertion socioprofessionnelle des peuples autochtones. Mais beaucoup reste encore à faire. C’est le constat fait par le Centre pour l’Environnement et le Développement (CED), hier 9 août 2017, à l’occasion de la Journée internationale de ces peuples qui selon les Nations Unies, représentent 370 millions de personnes réparties dans 90 pays du monde.

L’évènement a donné l’occasion au CED, ONG spécialisée dans la défense des droits des communautés dans la gestion des ressources naturelles, de faire le point sur l’accès des peuples autochtones aux fonctions électives au Cameroun. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les chiffres ne sont pas reluisants.

Face à la presse, Samuel Nguiffo, secrétaire général du CED, a déclaré que « malgré d’indéniables efforts accomplis par les pouvoirs publics, les partis politiques et le pouvoir judiciaire, les autochtones restent faiblement représentés dans les fonctions électives au niveau local (maires et conseillers municipaux) et national (sénateurs et députés). Les dernières élections ont marqué une avancée certaine sous ce rapport, avec au total 17 conseillers municipaux autochtones des forêts (Baka et Bagyeli), 48 conseillers municipaux Mbororos, dont 30 dans la seule région du Nord-Ouest, et un maire autochtone Mbororo dans la Région de l’Adamaoua ».

La réalité est donc implacable. Malgré les efforts du gouvernement, « il n’y a pas au Cameroun d’élu national autochtone (député, sénateur, ou président de la République). Dans le contexte actuel, il est difficile d’envisager que des autochtones franchissent avec succès l’épreuve des élections sénatoriales ou législatives », a ajouté M. Nguiffo.

Il affirme que la présence des peuples autochtones dans ces instances « pourrait permettre d’éclairer les décisions de la représentation nationale en présentant les éventuels impacts sur les autochtones ».

Auteur:
Jean-Marie NKOUSSA
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