Cameroun - Gouvernance: Mamadou Mota, 1er vice-président du MRC, appelle les jeunes du Grand Nord à «tordre le bras du renouveau»

Par Béatrice KAZE | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 19-Nov-2020 - 07h51   7738                      
1
Mamadou Mota archives
Dans une lettre publiée ce 18 novembre 2020, l’homme politique, incarcéré depuis plusieurs mois à la prison de Kondengui, demande aux jeunes de la partie septentrionale du pays de se lever pour revendiquer un mieux-être.

Privé de liberté mais pas privé de parole. Incarcéré depuis plusieurs mois, pour son implication dans la mutinerie du 22 juillet 2019 à la prison centrale de Yaoundé, le premier vice-président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), Mamadou Mota, originaire de la partie septentrionale, a adressé ce 18 novembre 2020 une lettre aux jeunes de cette partie du pays.

Dans cette lettre publiée dans les colonnes du quotidien Le Messager édition du 19 novembre 2020, l’homme politique appelle les jeunes de cette partie à se lever pour revendiquer un mieux-être.

«Les jeunes du nord chacun dans leur région doivent se lever et tordre le bras du renouveau qui comme l’apartheid, la traite négrière, ne saurait être humanisé, il faut le détruire. Le visage de ce qui tue, qui mutile et qui frustre dans chacun de nos villages, c’est cette élite illettrée et ces chefs traditionnels avides sans personnalité aucune. Ils ne penseront jamais à vous, l’histoire est là 40 ans après, ils n’ont cherché qu’à bien être apprécié, mal leur en a pris, ils sont légers dans la balance politique de notre pays», écrit-il.

Voici l’intégralité de sa lettre:

«Sous leur chechia vil par le prix et car reposant sur une tête qui ne porte que des cheveux, ces reliquats du colon et des esclavagistes par leur famille font parler d’eux à travers une missive perfide afin de préserver les privilèges qu’ils ne laisseront à aucun prix. Pourquoi contourner cette démarche de dix millions qui n’est en fait qu’une pâle copie de leurs agissements qui a maintenu le nord dans cette position de mendiant auprès d’une créature qui ne le reconnait plus? On n’humanise pas un système basé sur la tente, on l’a détruit avec tous les moyens constitutionnels à notre possession. Dénoncer, n’est pas un acte, il faut agir, Sartre dit: l’homme est ce qu’il fait. Le grand nord n’est pas un bloc monolithique, nous sommes déjà trois régions et chacune des régions à ses réalités, voire aujourd’hui le problème de trois régions comme un bloc est une automutilation. La famine de l’extrême nord et son choléra ne sont pas connus dans l’Adamaoua.

 Les jeunes du nord chacun dans leur région doivent se lever et tordre le bras du renouveau qui comme l’apartheid, la traite négrière ne saurait être humanisé, il faut le détruire. Le visage de ce qui tue, qui mutile et qui frustre dans chacun de nos villages c’est cette élite illettrée et ces chefs traditionnels avides sans personnalité aucune. Ils ne penseront jamais à vous, l’histoire est là 40 ans après, ils n’ont cherché qu’à bien être apprécié, mal leur en a pris, ils sont légers dans la balance politique de notre pays. Cavaye Djibril ne s’est jamais préoccupé de vos enfants sans actes de naissance, Ayang Luc ne vous connait même pas dans son Conseil économique et social, la faim et le choléra dont vous souffrez. Soumettez-vous et mourrez ou levez-vous».

Auteur:
Béatrice KAZE
 @T_B_A
Tweet
Facebook




Dans la même Rubrique