Cameroun – Hostilité: Me Roland Dieuwou et le professeur Claude Abé se donnent des coups par médias interposés

Par Pierre Arnaud NTCHAPDA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 17-Aug-2021 - 16h09   14031                      
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Me Roland Dieuwou capture d'écran
L’avocat militant du parti politique MRC et le sociologue enseignant de l’université catholique d’Afrique Centrale s’étripent au sujet de l’origine ethnique des leaders de la Brigade Anti Sardinards.

On n’en a pas fini avec les querelles nées des protestations de la Brigade Anti Sardinards (BAS) contre le séjour du président Paul Biya et son épouse en Susse en Juillet dernier. Après que Me Roland Dieuwou ait désapprouvé (sur Equinoxe Télévision le 25 Juillet 2021) son intérêt jugé malsain pour l’origine ethnique  des leaders de la BAS, le professeur Claude Abé lui a répondu  trois semaines plus tard, sur le plateau de Canal Presse, programme de débat dominical de la télévision privée Canal 2 International. Sans citer le cadre du parti politique MRC (Mouvement pour la Renaissance du Cameroun), l’enseignant de l’Université Catholique d’Afrique Centrale (UCAC) a littéralement déversé sa bile sur le jeune juriste. « J'ai été lynché sur les réseaux sociaux pendant 4 semaines, nuit et jour (…) « J’ai vu quelqu'un qui parlait de moi avec beaucoup de légèreté, quelqu’un qui a été recalé au concours de l’avocature à Douala, qui n’est même pas déjà en mesure d'être à l’aise dans le domaine qui est le sien et qui essayait de vérifier qui je suis. Je ne suis pas un avocaillon de bas étage. Je suis un individu qui a gagné un ensemble de concours à l’échelle international dans le domaine qui est le mien. J’ai voulu choisir votre antenne pour lui apporter une réponse. Ce monsieur là, je ne me rappelle pas qu'il ait gagné le moindre procès (…) Si je n’avais pas donné le nom MRC à un parti politique, probablement il n’existerait pas dans l’espace public. », a asséné Claude Abé dimanche. Roland Dieuwou lui a répondu sur les réseaux sociaux et ce matin sur Radio Equinoxe, antenne émettant de Douala.

L’intervenant du débat de la matinale a refusé de voir dans le ping-pong verbal avec Claude Abé une polémique. Il s’est employé à faire connaître les motivations de l’avis qui lui vaut les foudres de l’universitaire. « Je ne crois pas qu’il y ait une polémique. De mon modeste point de vue d’avocaillon de bas étage, je crois savoir que des propos de nature abjecte  et incitant à la stigmatisation communautaire ont été proférés en public par des hommes publics qui par ailleurs ont des casquettes diverses. Parmi lesquelles des hommes politiques, des sociologues, des sociopolitistes. Il m’a été donné de donner mon modeste point de vue de citoyen sur ces propos que j’avais trouvés abjects. Je me suis particulièrement attardé sur le fait que certains de ces propos auraient pu avoir été tenus par des personnalités dont la casquette d’experts des questions de sociologie pouvaient  prêter à confusion. C’est dans cette optique que je me suis essayé, sur le plan des idées, à démontrer que l’on ne pouvait pas se baser sur la sociologie pour faire l’analyse qui a été faite qui prétendait par exemple que le terme « changement » serait, d’après ce sociologue, un cache-sexe susceptible de cacher précisément des desseins, des projets hégémoniques de conquête du pouvoir par une communauté », a-t-il expliqué.

Il s’est dit alarmé par les propos d’Abe tendant à faire croire que la  conquête du pouvoir par la  communauté qu’il désigne aurait pour objectif de réduire les autres communautés du Cameroun à la servitude. « Je trouvais que c’était quand même un peu grave de proférer de tels propos du haut d’une expertise réclamée, revendiquée de sociologue. Je me suis dont très modestement essayé à une analyse critique de ce propos ». Dieuwou dit attendre que le professeur Abé lui réponde « sur le plan du fond ». Il se désole d’avoir constaté que « le débat d’idées a laissé place aux attaques personnelles. Certains ont cru devoir convoquer des concepts  du type « avocaillon de bas étage » alors qu’on parle de questions de fond », regrette-t-il. Me Dieuwou refuse de dire, « pour des raisons de décence », s’il a été recalé au concours d’entrée au Barreau, comme l’affirme Claude Abé. Il déclare que « l’échec en soi n’est pas un problème » et dit se sentir « très bien ».

 

Auteur:
Pierre Arnaud NTCHAPDA
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