Cameroun - Humanitaire: Albert Roger Milla s’engage en faveur de la lutte contre le NOMA, une maladie de la malnutrition qui défigure les enfants en bas âge

Par Béatrice KAZE | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 15-Jul-2019 - 15h41   1748                      
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Roger Milla Archives
En sa qualité de président d’honneur du NOMA FUND, l’ancienne star du football s’est rendue le 11 juillet 2019 à la Fondation WECCARE à Yaoundé. C’est une Fondation qui prend en charge les enfants atteints de cette maladie.

L’agenda très chargé  de son excellence Albert Roger Milla ne l’a pas empêché de se rendre ce 11 juillet 2019 à WECCARE Foundation à Yaoundé, où il a rencontré le jeune ITA de nationalité centrafricaine. Le jeune homme de 19 ans  est un miraculé du NOMA. Enfant, il a été atteint par cette maladie qui l’a complétement défiguré au niveau de la bouche. «ITA ne pouvait même pas manger. Quand il voulait manger, il allait se cacher dans un coin pour le faire, à l’abri des regards. Tellement c’était pénible pour lui», explique le Dr Sammy  Oben, le président et Co-fondateur de WECCARE Foundation.

Grace à plusieurs interventions chirurgicales, le Dr Oben et son équipe ont tenté de reconstruire le visage de ITA.  Si cette réparation n’est pas complète,  ITA peut déjà «marcher sans cacher son visage, il peut manger sans grande difficulté», se réjouit le Dr Oben.

Le NOMA est une maladie qui détruit complétement le visage notamment, les muqueuses, les gencives, les tissus mous, musculaires et osseux de la face. Cette maladie touche les enfants en bas âge. «La pauvreté, la malnutrition, une mauvaise hygiène de la bouche sont entre autres les causes du NOMA», précise le président et Co-fondateur de WECCARE Foundation.

C’est une  maladie tropicale complétement  négligée au Cameroun, souligne le Dr Oben. En l’absence  de statistiques officielles, il indique qu’  «il y a beaucoup de personnes atteintes de NOMA dans le pays».

Sa prise en charge est très compliquée lorsqu’elle n’est pas diagnostiquée à temps.  «Il faut savoir que le NOMA a une mortalité de 90%. Sur 100 cas, 10 malades vont survivre. Et les 10 cas auront des séquelles défigurantes. Il y a des malades qui passent des moments difficiles. La bouche qui est complètement rongée avec des ulcères. Et là, il faut avoir une approche multidisciplinaire dans un centre bien équipé. Et pourtant nous n’avons pas ça», déplore  le médecin.

Pour une meilleure prise en charge de la maladie, le NOMA FUND a lancé le projet «Agir contre le NOMA 2021-2030». C’est un projet qui vise à «intensifier la sensibilisation et la prévention en faveur de cette maladie, mais aussi de construire un hôpital de référence régional basé au Cameroun ainsi que des Centres d’accueil de premiers soins dans 9 autres pays d’Afrique Centrale et de l’Ouest pour la prise en charge gratuite des enfants victimes de NOMA».

«Nous avons besoin de beaucoup de moyens pour créer au Cameroun un hôpital pour soigner tous ces enfants. Et n’oubliez pas que dans les autres pays d’Afrique, il y en a je pense 10, où nous voulons aussi installer des Centres capables d’apporter un soutien favorable à tous ces enfants», a tenu à préciser Albert Roger Milla, président d’honneur du «NOMA FUND».

Selon des responsables du projet, il faut 1 milliard d’euros par an pour la prise en charge des malades au Cameroun, mais aussi en RCA,  en Guinée Equatoriale, au Tchad, en  Côte-d’Ivoire, au Ghana, Nigéria,  RDC,  Sénégal et au Libéria.

Auteur:
Béatrice KAZE
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