Cameroun - Insécurité dans l’Adamaoua: Paul Biya prend à contrepied le gouverneur Kildadi Boukar et donne raison à l’élite locale

Par Fred BIHINA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 19-Jan-2019 - 13h54   7534                      
13
Le président camerounais Paul Biya à son arrivée à un meeting électoral au stade de Maroua, le 29 septembre 2018 AFP/Archives/ALEXIS HUGUET
Le Chef de l’État reconnait l’existence d’une insécurité galopante dans la région de l’Adamaoua, marquée les enlèvements à répétition.

«La situation à notre frontière orientale, notamment dans la région de l’Adamaoua, sollicite également notre attention. Nos populations, et tout particulièrement les éleveurs, y sont victimes de groupes criminels spécialisés dans les enlèvements avec demande de rançon». Le constat est de Paul Biya.

Dans son discours prononcé le 18 janvier 2019, à l’occasion de la cérémonie de triomphe de la 36ème promotion de l’Ecole Militaire Interarmées (EMIA), baptisée «Unité et Diversité», le Président de la République a reconnu et déploré l’insécurité grandissante dans la région de l’Adamaoua. «J’ai donné des instructions fermes à nos forces de défense et de sécurité, pour mettre un terme à ces agissements répréhensibles», a ajouté le Chef de l’Etat.

La sortie de Paul Biya conforte l’élite de l’Adamaoua. Réunies à Yaoundé le 13 janvier 2019, les forces vives (élus du peuple, autorités administratives, militaires et opérateurs économiques) ont dénoncé la montée du phénomène des prises d’otages dans leur région.

Selon leurs statistiques, entre janvier et décembre 2018, plus de 100 personnes ont été enlevées dans la région de l’Adamaoua. Sur la même période, environ 500 millions de FCFA de frais de rançon, ont été versés aux ravisseurs, par les proches des otages. Une situation à l’origine d’un nombre important de déplacés dans tous les départements de la région, à l’exception du Mayo-Banyo.

Réagissant à ce sujet, le gouverneur de l’Adamaoua a relativisé. «Il n’en n’est rien de ces statistiques», a répondu Kildadi Taguiéké Boukar. «Comment peut-on parler de laxisme alors que nous quadrillons le territoire, alors que nous perdons des hommes sur le terrain», s’est-il interrogé. La prise de parole du Chef de l’Etat est donc un contrepied parfait au gouverneur.

Fred BIHINA

 

 

Auteur:
Fred BIHINA
 @t_b_d
  • E-mail 0
  • Google+
  • Tweet
  • Partagez
Dans la même Rubrique