Cameroun - Insécurité: Des rebelles centrafricains bloquent la circulation à la frontière avec la RCA

Par Fred BIHINA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 15-Mar-2019 - 13h20   1018                      
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Frontière Cameroun - RCA à Garoua-Boulaï Archives
Depuis une dizaine de jours, environ 300 camions sont bloqués au niveau de Garoua Boulai par des rebelles centrafricains, qui contestent un récent accord signé à Khartoum par le gouvernement de la RCA.

Une fois de plus, le Cameroun fait les frais de l’hyperactivité des rebelles centrafricains à la frontière avec la RCA. Dans son numéro de ce 15 mars 2019, le quotidien privé Le Jour rapporte que «Plus de 300 camions transportant des marchandises sont toujours stationnés au niveau de Garoua Boulai (département du Lom et Djerem, région de l’Est NDLR), à la frontière avec la République Centrafricaine (RCA)».

«Il y a environ dix jours une fraction des rebelles centrafricains qui conteste les accords signés à Khartoum entre le gouvernement Centrafricain et les groupes rebelles, a bloqué en territoire Centrafricain à 14 kilomètres de Garoua Boulai, la principale route qui relie Garoua Boulai à Bangui, rendant ainsi impossible le trafic entre les deux villes», lit-on.

Conséquence, des centaines de personnes et des marchandises sont bloquées à la frontière entre le Cameroun et la RCA. Si l’activité économique tourne au ralenti, la petite ville de Garoua Boulai se trouve déjà débordée; sa capacité d’accueil en termes d’infrastructures hôtelières étant très limitée. Parmi les nombreuses victimes, les conducteurs de camions. «Nous sommes là depuis une semaine, car les rebelles ont pris la route en otage côté Centrafricain. Et cette situation a des répercussions sur nous, la preuve est que nous voilà coincés ici où manger et dormir est difficile», témoigne Sidiki Arouna, dans les pages du journal.

Contraints pour certains de passer la nuit dans leur véhicule, les chauffeurs sont aussi obligés de dépenser plus que d’habitude, pour se nourrir. «Nous dormons dans les voitures, pour la nourriture non seulement on n’en trouve pas mais les prix ont augmenté, car le prix d’un plat de nourriture varie entre 1500 et 2000 FCFA, contrairement à 500 FCFA en temps normal», affirme Emerson Kenneth.

La gravité de la situation a amené les responsables en charge du Bureau de Gestion du Fret Terrestre (BGFT) à effectuer une descente sur le terrain. «Nous constatons avec beaucoup de désolation que les conducteurs dorment dans des mauvaises conditions, d’autres dans les hôtels et cela nécessite des frais supplémentaires. Mais nous sommes satisfaits qu’il y ait aucun incident. Nous les rassurons que le gouvernement est en train de prendre toutes les dispositions pour que la situation revienne à la normale», rassure El Hadji Oumarou, le président national du BGFT.

Le Jour indique que les autorités camerounaises sont très préoccupées par la situation. «… pour éviter toute infiltration des rebelles Centrafricains en territoire Camerounais, le dispositif de sécurité a été renforcé, on note une forte présence des militaires du Bataillon d’Intervention Rapide (BIR) fortement armés. Ces soldats patrouillent le long de la frontière de manière permanente et dans les villages environnants».

Fred BIHINA

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Fred BIHINA
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