Cameroun - Intégration régionale: «La CEMAC n’a aucun projet commun», déclare Hubert Kamga, économiste et ancien fonctionnaire de la sous-région

Par Liliane J. NDANGUE | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 06-Jan-2017 - 08h56   3670                      
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Dîner d'accueil des Chefs d'Etat de la CEMAC PRC
Pour l’économiste, le Cameroun ne perdrait pas grand-chose s’il quittait la CEMAC. Il lui propose un grand ensemble panafricaniste.

Interrogé par le quotidien Le Jour édition du 5 janvier 2016 au sujet de la participation du Cameroun dans la zone de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), Hubert Kamga, économiste et ancien fonctionnaire de la sous-région, donne son point de vue sur la question.

En dressant ce qui peut être considéré comme la participation du Cameroun au sein de la CEMAC, il déclare que «la CEMAC est née le 16 mars 1994 de la transformation de l’Union douanière et économique de l’Afrique Centrale (UDEAC) créée par traité du 8 décembre 1964 à Brazzaville. J’ai compris que le Cameroun n’avait pas d’avenir dans un ensemble contrôlé par la France. D’où mon livre intitulé: «Le Cameroun au XXIe siècle. Quitter la CEMAC, puis œuvrer pour une monnaie unique dans le cadre des États-Unis d’Afrique». Le Cameroun doit dénoncer les traités de la CEMAC, de la BEAC, prendre son indépendance, entrer en contact avec d’autres États pour créer le noyau dur des États-Unis d’Afrique autour duquel les autres viendront adhérer au cours des décennies voire des siècles à venir».

Pour ce qui est de la participation du Cameroun dans la CEMAC en tant qu’institution sous-régionale, Hubert Kamga déclare qu’«il faut partir des objectifs de départ: intégration, libre circulation des biens et des personnes et libre établissement. Depuis 1964, voilà au moins 52 ans. Le bilan est négatif. En dehors des pays dont les marchandises passent par le Cameroun, les autres ayant une ouverture sur la mer continuent d’exiger le visa notamment le Gabon et la Guinée Équatoriale. Il n’y a aucun projet commun à part le fait que la France les a pris dans la camisole de force de la BEAC. Les leçons à tirer: rompre et dénoncer les conventions de la CEMAC et de la BEAC qui, en réalité, nous lient à la France».

À la question de savoir ce que le Cameroun perdrait s’il quittait la CEMAC, l’économiste répond: «oui le Cameroun perdrait des chaînes. Sinon, il n’y a rien à perdre. En effet voilà 52 ans que la coopération dure. Si je m’en tiens au dernier sommet extraordinaire, le Président Biya a lui-même dit que le Cameroun se porte mieux et que, par solidarité, il accepte de porter le poids des autres. Ce n’est pas très positif. De toutes les façons quitter la CEMAC est un projet révolutionnaire».

Auteur:
Liliane J. NDANGUE
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