Cameroun - Interdiction des manifestations publiques: Des organisations de la société civile s’insurgent contre les décisions prises par les gouverneurs des régions du Centre et du Littoral

Par Béatrice KAZE | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 15-Sep-2020 - 09h32   2454                      
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Maximilienne Ngo Mbe Nkom, Directrice exécutif du REDHAC Archives
Les responsables de Nouveaux Droits de l’Homme et du Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale, estiment que ces décisions violent les dispositions de 1990 sur les libertés de manifestation.

En prélude aux élections régionales, prévues le 6 décembre 2020, les gouverneurs des régions du Centre, Naseri Paul Bea, et du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, ont interdit, le 11 septembre 2020, les manifestations publiques sur leur territoire de commandement, jusqu’à nouvel ordre.

Pour des organisations de la société civile, ces décisions sont inconcevables. Dans un communiqué publié sur sa page Facebook, quelques heures après ces décisions, la directrice Exécutive du Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale (REDHAC), Maximilienne Ngo Mbe,  rappelle «aux gouverneurs que le droit à la manifestation pacifique est une liberté fondamentale. A ce sujet, elle souligne que l’Union africaine et l’Onu sont intraitables lorsque ces dernières sont bafouées», peut-on lire dans les colonnes du quotidien Le Messager édition du 15 septembre 2020.

Pour Cyrille Rolande Bechon, qui s’est exprimée dans le même journal, «cette décision, même si elle ne nous surprend pas, elle nous écœure. Elle ne nous surprend pas parce que la restriction de l’espace civique avec comme corollaire les violations des libertés fondamentales et particulièrement les libertés de réunion et de manifestation, est une réalité au Cameroun depuis 2016 environ. Cette décision nous écœure parce qu’elle nous fait voir et comprendre que le Gouvernement du Cameroun non seulement s’entête dans la violation des droits fondamentaux, mais alimente un climat de tension et de durcissement de ton des acteurs politiques. De plus, la démocratie ne s’accommode pas avec la récurrence des restrictions de l’expression des libertés fondamentales qui, on doit le préciser, sont des libertés garanties par la Constitution», dénonce la directrice Exécutive de Nouveaux Droits de l’Homme.

Elle ajoute que «la décision en elle-même viole dans une certaine mesure la loi de 90, puisque le principe c’est la «liberté» et non l’interdiction. Même si plus loin, elle rappelle, en l’occurrence, les dispositions de ladite loi sur l’obligation de déclarer une réunion ou une manifestation. Sauf que, prendre un arrêté pour rappeler une disposition légale que les acteurs sont sensés connaitre, n’est pas autre chose qu’une menace».

Selon elle, le Cameroun est un Etat qui a vraiment mal à la protection des libertés fondamentales. Et pourtant, le pays a «tous les atouts pour être un Etat respectueux des droits fondamentaux. En l’occurrence, il a ratifié les conventions et chartes du système des Nations Unies et de l’Union Africaine qui garantissent et protègent les libertés fondamentales», précise-t-elle.

 

Auteur:
Béatrice KAZE
 @T_B_A
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