Cameroun - Issa Tchiroma, à propos de la Conférence générale sur la crise anglophone: «Le dialogue, OUI. Mais il ne faudrait pas que le remède soit pire que la maladie»

Par Otric NGON | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 30-Jul-2018 - 12h04   15534                      
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Issa Tchiroma Bakary Capture d'ecran
Le 25 juillet 2018, Son éminence le cardinal Christian Tumi, archevêque émérite de Douala a, en compagnie de quelques leaders religieux des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, émis l’idée d’une conférence générale qui se tiendrait les 29 et 30 août  prochains à Buea à l’effet de «trouver une solution définitive à la situation de crise sociopolitique et sécuritaire qui prévaut dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest».

Dans un communiqué rendu public à l’issue de leur rencontre qui se tenait dans les locaux de l’archidiocèse de Douala, le prélat et les co-initiateurs de ladite concertation ont assorti la tenue de cette rencontre d’un certain nombre de préalables dont les moindres ne sont pas le retrait des forces de défense et de sécurité des deux régions parallèlement au dépôt des armes par les  terroristes et la libération de toutes les personnes impliquées ou détenues, en relation avec cette crise depuis 2016.

Une initiative qui a n’a pas manqué de susciter la réaction du gouvernement. Le ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary rappelle que la démarche s’inscrit en droite ligne de l’option prise par le Président de la République.

Dans une interview accordée à Cameroon Tribune du lundi 30 Juillet 2018, le ministre de la Communication rappelle que «le gouvernement est comptable et responsable devant la Nation et le Monde. Or tel n’est pas le cas de ceux qui, n’étant pas en possession de toutes les informations factuelles à partir desquelles le gouvernement agit, ne connaissent pas la complexité de cette problématique. Le dialogue, OUI. Mais il ne faudrait pas que le remède soit pire que la maladie».

A propos de la Conférence générale sur la crise anglophone, initiée par le Cardin al Christian Tumi, «nous constatons que cette proposition est assortie de préalables. Tout en leur reconnaissant respect et considération, eu égard à leurs missions sacerdotales, nous ne pensons pas, avec humilité, qu’il leur soit échu en partage, de prescrire au gouvernement le retrait de nos forces de défense et de sécurité de ces régions victimes de terrorisme».

En effet, poursuit le porte-parole du gouvernement, «sans la présence de ces forces, ces terroristes auraient tout détruit, auraient hissé leur drapeau partout où ils en auraient convenance. Ils reprochent à nos forces d’accomplir leurs missions, celle de protéger l’intégrité territoriale, celle de protéger les institutions, celle de garantir la libre circulation des hommes et des biens, celle de se porter garants de la jouissance des privilèges constitutionnels reconnus à chaque citoyen, celle de permettre aux élèves et aux étudiants d’aller à l’école».

«Comment peut-on donc demander à une telle armée de baisser la garde alors que nous pensons que les auteurs de cette proposition ne sont pas en mesure de dire où sont basés les insurgés armés, où se trouvent leurs camps d’entraînement, où se trouvent leurs munitions et qui ils sont en vérité ? Et qu’à la limite, leur appel et suggestions seraient entendus ? Quelles garanties peuvent-ils donner au gouvernement de ce que leur initiative trouverait l’assentiment de tous ces groupes armés qui prospèrent en prenant des otages et en réclamant des rançons ?», s’interroge Issa Tchiroma.

«Et depuis quand impose-t-on des préalables à un Etat légal et légitime qui lutte contre une insurrection armée ? Comment peut-on demander de libérer des commanditaires et des criminels qui ont perpétré des assassinats, brûlé des écoles… ? Faut-il rappeler que dans un Etat de droit, l’impunité n’est pas la règle ? Tous ceux qui seront reconnus coupables des faits qui leur sont reprochés par la Justice de la République, en subiront les conséquences, conformément à la Loi», poursuit-il.

Cependant, «le gouvernement reste ouvert à toutes les initiatives. Ne voyez donc pas à partir de mon propos, un rejet», conclut le ministre de la Communication.

Auteur:
Otric NGON
 @OtricNgonCIN
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