Cameroun - Jacques Fame Ndongo: «Le MRC était deuxième à l’élection présidentielle (…) De facto, le leader de ce parti devient le chef de l’opposition camerounaise»

Par Pierre Arnaud NTCHAPDA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 25-Mar-2019 - 12h37   5819                      
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Jacques Fame Ndongo Archives
Le ministre d’Etat en charge de l’enseignement supérieur pense qu’au lieu de contester le verdict des dernières élections Maurice Kamto aurait dû continuer à courtiser les électeurs en bue des prochaines consultations électorales.

Jacques Fame Ndongo était l’invité du programme hebdomadaire de la CRTV-Télé « Actualités hebdo » le 24 mars 2019. Le ministre d’Etat ministre de l’enseignement supérieur a répondu à des questions en rapport avec la vie politique au Cameroun. Lorsque l’on lui a demandé lequel des partis politiques est le principal adversaire du RDPC, il a eu cette réponse : « le SDF si on prend l’arithmétique électorale qui est évidemment fluctuante, mais si on prend la dernière élection présidentielle, naturellement c’est le MRC. Mais le MRC est en train de se faire hara-kiri. Pourquoi ? Parce qu’il aurait dû s’en tenir à la légalité républicaine. Et même à la légitimité démocratique puisque statistiquement il était deuxième à l’élection présidentielle. Donc de facto, le leader de ce parti devient le chef de l’opposition camerounaise ».

Le professeur Jacques Fame Ndongo désavoue le professeur Maurice Kamto. Il lui reproche le fait d’avoir contesté la victoire de son champion Paul Biya à l’élection présidentielle du 7 octobre 2018. Il aurait aimé le voir reconnaître sa défaite et passer à autre chose. « (…) Mais je me demande si le juriste n’a pas perdu la raison. Le juriste aurait dû être celui qui dit au peule camerounais « je suis deuxième, je reconnais mon rang, je félicite le vainqueur qui est le président Paul Biya et je vais continuer à défendre mes droits dans un Etat démocratique, dans une République exemplaire. Je n’adhère pas au RDPC – en tout cas personne ne le lui demande – là je continue mon combat. Si le peuple camerounais adhère à mon programme politique, à mon projet de société, à ma vision de l’avenir du Cameroun évidemment je gagnerai un jour. Voilà un message simple qui prend une minute et qui vous resitue donc sur le piédestal de la direction de l’opposition camerounaise ».

Fame Ndongo accuse Kamto d’avoir choisi « la diversion, la fantasmagorie, la dissidence ». Il croit que « légalement et même légitimement, démocratiquement et juridiquement, il aurait dû avoir une autre posture et il aurait gagné en estime, en stature, en crédibilité et en projection vers le futur pour préparer juste après les élections présidentielles le élections législatives, municipales et je crois bien, régionales ». Le communicateur du RDPC au pouvoir démontre que le jeu démocratique aurait pu lui être favorable si Maurice Kamto s’y concentrait après la présidentielle. Il croit qu’il aurait eu toutes ses chances vu que, déclare-t-il, « le Cameroun est une grande démocratie ».   

Auteur:
Pierre Arnaud NTCHAPDA
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