Cameroun - Justice: Le Conseil des Camerounais de la Diaspora dépose une plainte à Paris contre l’État du Cameroun de «dénonciation de crimes contre l’humanité, crimes de guerre et génocide»

Par Béatrice KAZE | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 19-May-2020 - 09h14   7405                      
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Palais de l'Unite, Yaounde, Cameroun Archives
Le CCD a saisi, le 11 mai 2020, le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Paris.

Le Conseil des camerounais de la Diaspora (CCD) a saisi, le 11 mai 2020, le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Paris pour «mettre en cause l’État du Cameroun, certains de ses dirigeants, les autorités militaires ainsi que tous les autres acteurs impliqués dans la crise dite anglophone et dans les violences ayant suivi le contentieux de l’élection présidentielle du 7 octobre 2018», rapporte le quotidien Le Messager, dans son édition du 19 mai 2020.

Au sujet des motifs de cette plainte, le document de cinq pages relève que «depuis fin 2016, il se vit dans les régions anglophones du Cameroun notamment les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, une crise dite anglophone, qui remonte à la période où les avocats, les étudiants et des enseignants anglophones ont commencé à protester contre leur sous-représentation au sein du gouvernement central et leur marginalisation culturelle par ce dernier. La réponse des forces de sécurité gouvernementales a notamment consisté à tuer des civils, à incendier des villages et à recourir à la torture et à des détentions arbitraires».

De nombreuses exactions commises depuis 2016 dans les régions anglophones et attribuées aux forces de défense et de sécurité  sont contenues dans ladite plainte.  «La crise anglophone, aux dires de certaines ONG, auraient fait 12 000 morts depuis la fin de l'année 2016», indique le document. Le CCD évoque également  les violences post-électorales de 2018 marquées par l’arrestation du leader du MRC, Maurice Kamto, et ses partisans.

Maître Florence Noumo, avocat du CCD, explique dans les colonnes du journal que «cette plainte, déposée par une association loi 1901, de droit français, avec constitution de partie civile d'un citoyen camerounais résident à Paris, est totalement conforme à l'universalité du droit en matière de Dénonciation de Crimes contre l’humanité, Crimes de guerre et Génocide au Cameroun».

Le procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Paris a maintenant plusieurs semaines, mois voire années, pour se prononcer sur la recevabilité ou non de la plainte, précise notre confrère.

Pour rappel, le Conseil des Camerounais de la Diaspora est une organisation de la société civile constituée des ressortissants camerounais de la diaspora pour la promotion des valeurs démocratiques.

 

Auteur:
Béatrice KAZE
 @T_B_A
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