Cameroun: Le Gouvernement lance un appel à témoin et répond à Amnesty international au sujet de la vidéo d’exécution sommaire attribuée aux militaires camerounais

Par Adeline ATANGANA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 21-Jul-2018 - 18h02   18023                      
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Issa Tchiroma Bakary Archives
Sous la pression des américains et de l’ONG britannique Amnesty international, le ministre de la communication, porte-parole du gouvernement camerounais s’est expliqué nuitamment hier vendredi 20 juillet 2018, pour la seconde fois en l’espace de neuf jours sur la vidéo polémique de l’exécution sommaire des femmes et enfants attribuée aux militaire camerounais au front de la guerre contre Boko haram.

La vidéo polémique qui fait le tour du web depuis deux semaines, montre des hommes qui seraient des membres de l’armée camerounaise en train d’exécuter froidement des femmes et des enfants soupçonnés d’être des membres de la secte terroristes Boko haram. La scène se serait déroulée à l’Extrême-Nord, la seule Région du Cameroun qui subit depuis cinq ans les exactions de Boko haram, le groupe djihadiste nigérian.

Cette scène a suscité une avalanche d’indignation à travers le monde entier et dans la foulée, l’armée camerounaise est accusée dans ce coup, d’exécutions sommaires et extrajudiciaires.

Le lundi 09 juillet et mercredi 11 juillet 2018, le ministère de la défense et le ministre de la communication, porte-parole du gouvernement camerounais ont respectivement fait des déclarations à la presse pour nier l’implication des éléments de l’armée camerounaise.

Malgré ces dénégations officielles, Amnesty international, l’ONG de défense des droits humains a publié cette semaine, son rapport d’enquête qui met en cause l’armée camerounaise. Le gouvernement américain « gravement préoccupé » par cette vidéo polémique, a exigé au gouvernement camerounais une enquête « avec minutie et transparence ».

Sous pression donc, le gouvernement camerounais par la voix de son porte-parole, Issa Tchiroma, a fait une nouvelle déclaration hier vendredi 20 juillet 2018 à Yaoundé.

Dans un premier temps, il a une nouvelle fois rejeté en bloc les accusations d’Amnesty international en indiquant que « les arguments utilisés pour incriminer l’armée camerounaise sont légers et les accusations hâtives ». Ensuite, comme pour rassurer les américains, le ministre de la communication a indiqué que « Le Chef de l’Etat, Chef des Armées a, à ce sujet, prescrit la tolérance zéro…Eu égard à la gravité et au caractère intolérable des faits qui s’y déroulent, le Chef de  l’Etat a prescrit l’ouverture d’une enquête approfondie, chargée de faire la lumière sur cette affaire. En en cas de faits avérés, les auteurs seront interpellés, traduits en justice et punis avec la plus grande fermeté »

A cette occasion, le ministre Issa Tchiroma a fait savoir que le gouvernement a lancé un appel à témoin afin que «toute personne détenant des informations susceptibles de contribuer à la manifestation de la vérité et d’identifier les auteurs est priée de prendre l’attache de la Commission d’enquête mise sur pied sur très hautes instructions du chef de l’Etat aux numéros 222 23 43 84 ou 222 22 64 97 »

Ci-dessous, une copie de la déclaration du ministre de la communication, porte-parole du gouvernement:

Auteur:
Adeline ATANGANA
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