Cameroun: Le journaliste Michel Biem Tong écroué à la prison de Kondengui pour outrage au Chef de l’Etat et apologie du terrorisme.

Par Adeline ATANGANA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 16-Nov-2018 - 07h37   6926                      
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Michel Biem Tong Archives
Malgré la mobilisation nationale et internationale pour sa libération, le cyber activiste Michel Biem Tong a vu sa situation aller de mal en pis.

Michel Bien Tong a été sorti en fin de matinée du jeudi 15 novembre 2018 de sa cellule au Secrétariat d’état à la défense (SED) pour le Tribunal militaire de Yaoundé.

Quand notre confrère est sorti de la « Cour martiale » dans l’après-midi, il n’est plus retourné au SED. Il a été directement conduit à la prison centrale de Kondengui.

« Le Commissaire du gouvernement a décidé de le placer sous mandat de dépôt pour des faits d’outrage au Chef de l’Etat, déclarations mensongères et apologie du terrorisme » explique une source au SED.

Ainsi, le jeune journaliste de 33 ans privé de liberté depuis le 23 octobre 2018, a vu sa situation aller de mal en pis au moment où des organisations socio-professionnels et de défense des droits de l’homme et des libertés exigent sa libération.

« Michel Bien Tong  a été arbitrairement arrêté dans la journée du 23 octobre 2018. Il est depuis cette date séquestré et détenu dans des conditions sanitaires épouvantables, inhumaines… Michel Biem TONG, cyber-journaliste qui a fait une série d’articles pour dénoncer les multiples exactions de l’armée camerounaise dans les zones anglophones du Cameroun, est poursuivi pour « apologie du terrorisme et incitation à l’insurrection », et risque la peine de mort prévue à l’article 2 de la Loi N° 2014/028 du 23 décembre 2014 portant répression des actes de terrorisme. L’arrestation et la détention de Michel Biem Tong ne répondent à aucune règle de procédure pénale... Dans le cas de Michel Biem Tong comme dans celui de Joseph Olinga et de Gustave Flaubert Kengne, Nous décrions et dénonçons, les arrestations et détentions arbitraires, les traitements cruels, inhumains et dégradants, le non-respect des droits de la défense (droit de garder le silence, droit de consulter un médecin, droit aux visites, droit à un conseil, etc.)» explique le Collectif international de soutien au Web-journaliste qui s’est distingué aussi dans la dénonciation de l’incarcération de certaines anciennes pontes du régime pour des détournements de fonds publics. Michel Biem Tong pense que certains anciens piliers du régime Biya  incarcérés, sont plutôt victimes de leurs ambitions politiques respectives.

 

Ci-dessous, le Communiqué publié mardi dernier par le Collectif qui exige la libération du blogueur

 

COMMUNIQUE CONJOINT N°1

 

Libérez Michel Biem Tong

Les défenseurs des droits de l’homme, les avocats, les journalistes, les activistes politiques, les leaders de partis politiques et autres leaders d’opinion réuni au sein du Collectif International de soutien à Michel Biem Tong sont inquiets et préoccupés quant à la situation des libertés individuelles et publiques au Cameroun, mais particulièrement par la persécution dont sont victimes plusieurs journalistes dont Michel Biem Tong.

MICHEL BIEM TONG a été arbitrairement arrêté dans la journée du 23 octobre 2018. Il est depuis cette date séquestré et détenu dans des conditions sanitaires épouvantables, inhumaines et dans une caserne militaire, au Service Central des Recherches Judiciaires (SCRJ) du Secrétariat d’Etat à la défense chargé de la gendarmerie nationale.

Michel Biem TONG, cyber-journaliste qui a fait une série d’articles pour dénoncer les multiples exactions de l’armée camerounaise dans les zones anglophones du Cameroun, est poursuivi pour «apologie du terrorisme et incitation à l’insurrection », et risque la peine de mort prévue à l’article 2 de la Loi N° 2014/028 du 23 décembre 2014 portant répression des actes de terrorisme.

L’arrestation et la détention de Michel Biem Tong ne répondent à aucune règle de procédure pénale.

Michel Biem TONG a déjà fait 21 jours de détention sans acte judiciaire régulier, ce qui est inacceptable.

Dans le cas de Michel Biem Tong comme dans celui de Joseph Olinga et de Gustave Flaubert Kengne, Nous décrions et dénonçons, les arrestations et détentions arbitraires, les traitements cruels, inhumains et dégradants, le non-respect des droits de la défense (droit de garder le silence, droit de consulter un médecin, droit aux visites, droit à un conseil, etc.).

Au regard de ce qui précède, le Collectif

– demande LA REMISE EN LIBERTE SANS CONDITION DE Michel Biem Tong.

– Appelle la communauté nationale et internationale à exiger la protection des droits fondamentaux de Michel Biem Tong.

– Appelle à la dénonciation sans complaisance des violations des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

– Appelle toutes les victimes de violation des droits fondamentaux reconnus dans la procédure pénale, à attaquer la responsabilité pénale individuelle des représentants de l’Etat devant les juridictions nationales

 

Fait le 13 novembre 2018

Le Collectif international de soutien à Michel Biem Tong

Auteur:
Adeline ATANGANA
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